Flammarion, juin 1976.

J’ai Lu, n° 882, 1978.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 1, 1994.

Fayard Noir, 2005.


Mouche

« Un détective privé tout à l’opposé des héros de la « Série Noire » enquête sur la disparition d’une adolescente, affaire apparemment banale, mais dans laquelle il va se trouver impliqué personnellement et de manière très cruelle. »

Michel Desgranges, Aspects de la France, septembre 1976.


Nuits blanches avec Demouzon

« La forme du roman policier ou du mystère en tant qu’art a été si complètement explorée que le vrai problème est maintenant d’éviter d’écrire un roman policier tout en semblant le faire.  C’est Chandler qui disait cela en 1944. Les temps ont changé, et ça se renouvelle pas mal. Tout cela pour vous parler de Demouzon. Faut dire que j’avais ouvert le premier sans grande conviction, juste pour lire quelques pages avant de dormir. Et je l’ai lu tout d’une traite. Mouche m’a tenu éveillée jusqu’au petit matin. […] Une manipulation superbe et cruelle. […] Un ton bien à lui : doux amer, un chouia désabusé avec des détours dans les sentiers de la tendresse… »

Jeanne Folly, Libération, juin 1977.


Un détective en quête de lui-même

« On avait été sensible au charme aigu et ambigu du premier roman d’Alain Demouzon, Gabriel et les Primevères, Cette histoire quelque peu nabokovienne, d’un jardinier de petites filles tournait à la tragédie sanglante (ou au fait divers) : d’où une enquête policière traversant soudain un vert paradis fortement — mais délicatement — érotisé. Ce n’aurait pu être qu’un épisode. Il était si bien mené, d’une façon si personnelle, avec une prédilection si visible, qu’on ne s’étonne guère que l’auteur semble y avoir trouvé sa voie. Il inaugure aujourd’hui une nouvelle collection de « policiers » qu’il va désormais, nous dit-on largement contribuer à nourrir. Mais, en s’imposant d’en observer les règles, l’auteur entend donner au genre toute sa dimension romanesque : épaisseur et « réalité » des personnages, atmosphère, peinture de milieux et de mœurs, psychologie… Et non sans une philosophie.[…] Avec Mouche, Demouzon marque sa place parmi ceux qui veulent rendre au policier ses lettres de noblesse et lui en donner de nouvelles. […] Un policier, sans aucun doute, mais qui est un « vrai » roman. »

Yves Florenne, Le Monde, 6 août 1976.






Polars...

alors, du jaune sur du noir, c’est le code

... 813 ...

(Certains comprendront; sans son mystère, un code serait sans intérêt.)

Il y a 8 et 13 romans polars de Demouzon.

13 chez Flammarion, de 1976 à 1983,

et 8, dont 6 Melchior, ensuite.

(Se rendre à “Rayon noir 2” et à “Rayon Melchior”).

Rien de tout ça par hasard… Complot aux secrètes ramifications… Une trajectoire voulue autant que subie, hasardeuse ? Quel expert saura en déchiffrer les lignes balistiques ?


   Une définition du roman policier, en 1986 :

    “ Un aquarium percé : on peut vraiment mettre tout ce qu’on veut dedans, mais ça continue à fuir. Aucune définition ne peut contenir le concept “roman policier”. Essayez un peu pour voir.”


(in Maurice Perisset, Panorama du polar français contemporain,  L’Instant.)

   

Une autre, de l’an 2000 :

Étiquetage indélébile et parfois débile pour productions romanesques poético-réalistes énigmatiques, communément sévicieuses et séditieuses, souvent hybrides mais toujours fécondes, et de plus en plus transgéniques.


(Sur le défunt site romanpolicier.com)


Flammarion, septembre 1976.

J’ai Lu, n° 1017, 1979.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 1, 1994.

Fayard Noir, 2005.


« Des messieurs d’un certain âge, confortablement installés dans la vie, voient périr de mort violente l’être qui leur est le plus cher, un fils, une fille, une maîtresse… Quelle vengeance poursuit, à coups de fusil, l’ancien légionnaire devenu justicier ? »

Jacques Jaubert, Lire, octobre 1976.


Demouzon tireur d’élite

« Dès Mouche, on pensait à Simenon. Dans la vérité des personnages, des milieux, de l’atmosphère ; bref, par le don d’écrivain. […]  Qui a tué ? Nous le savons tout de suite… Le mystère est ailleurs. Dans l’action à double détente, mais surtout à l’intérieur des personnages et dans ce qui les lie, même ceux qui ne se connaissent pas et ne se connaîtront jamais. Le mécanisme très élaboré et sans faille de cette machine infernale romanesque est monté de main de maître. »

Yves Florenne, Le Monde, 7  janvier 1977.


« On se plaint régulièrement de la mort du roman policier… Et voici qu’avec deux livres déjà (avant celui-ci il y eut Mouche), un nouveau venu, Demouzon, inaugurant une nouvelle collection chez Flammarion, fait incontestablement… mouche. Ici, le mécanisme est retors : on connaît l’assassin dès la première page. Ce qui n’ôte rien au suspense. […] Jusqu’à la dernière page, on reste en haleine. Avec, en prime, quelques clins d’œil aux classiques du genre, la dame en noir et son parfum, le commissaire et sa pipe. Et tout au long du livre, une atmosphère grise, étriquée, silencieuse, méticuleuse, à la Simenon. Un policier qui est aussi un vrai roman : une (bonne) surprise ! »

Annie Coppermann, Les Échos, 11 janvier 1977.


Le Premier-né d’Égypte fut sélectionné parmi les quatre finalistes du 30e Grand Prix de littérature policière — qu’aucun roman de Demouzon n’obtiendra jamais.

Trente ans plus tard, Demouzon reste le seul de ces finalistes à s’exprimer encore dans la littérature policière.

Flammarion, mars 1977.

J’ai Lu, n° 919, 1979.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 1, 1994.

Fayard Noir, 2005.


« Le titre du livre annonce la couleur : la banale enquête dont s’est chargé le détective privé, rechercher l’ex-mari de sa voisine pour lui faire payer la pension alimentaire, va vite prendre des proportions effrayantes et dangereuses ; les menaces, les coups, les cadavres vont fleurir sous ses pas, sans qu’il comprenne grand chose, ou trop tard. »

Martine Freneuil, Le Quotidien du médecin, avril 1977.


« Humour, absence à peu près totale de vulgarité, acidité de plume servant un sens aigu de l’instantané psychologique : on en vient tout bonnement à se demander si Demouzon, depuis Mouche, n’est pas en train de créer un style policier original. »

Christian Combaz, Les Nouvelles Littéraires, mars 1977.


« Oui, il ne fait aucun doute pour moi que nous l’avons mal jugé au départ — ce « nous » n’est pas un pluriel de majesté : nous étions plusieurs confrères dans le même cas — mais par sa faute. Mouche ne pouvant que donner une piètre opinion de son avenir. […] Demouzon est de l’étoffe dans laquelle se taillent les bons romanciers. »

Louise Lalanne (alias M. B. Endrèbe), Le Magazine du Mystère, mai 1977.


« Demouzon a les épaules solides, du bon sens, de la santé. Et des qualités incontestables de romancier. S’il ne nous a pas encore donné les chefs-d’œuvre annoncés par Flammarion, il peut en prendre le chemin. À condition de ne pas confondre lenteur et longueur, de rendre plus dense son texte, de travailler la construction de ses intrigues.  Il a fait ses débuts avec un handicap redoutable et ne s’en est, ma foi, pas trop mal tiré. J’attends ses quatrième et cinquième romans pour le juger vraiment.»

Georges Rieben, Le Magazine du Mystère, juin 1977.


« Lentement mais sûrement, Demouzon — qui a aussi un prénom : Alain — me paraît regagner le terrain qu’il avait perdu au départ. […] Demouzon évoquerait plutôt Malet ou Manchette ; mais il me semble surtout avoir un style et un tempérament bien à lui, dont j’espère qu’ils lui permettront de s’imposer définitivement dans un tout prochain roman. »

Maurice Bernard Endrèbe, Le Magazine du Mystère, juin 1977.


« En habillant ce rom’pol’ d’une couverture affreuse, l’éditeur a manifestement cherché à dissuader les éventuels acheteurs. Leur faire peur d’abord. C’est d’autant plus bête que l’affaire est bien montée, et, chose extraordinaire pour le genre, racontée en français dans le texte. »

Le Canard enchaîné, 13 juillet 1977.


L’irrésistible ascension de Demouzon

« […] Il s’appelle Nicolas Placard. C’est un petit privé médiocre, plutôt lâche. Il n’a rien pour lui, ni muscles ni charme. C’est un minable, un mou, juste à notre échelle : un frère. […] C’est l’anti-héros, sans envergure et sans illusions, un gentil. Et qui s’en tirera, en fin de course. Demouzon aussi. Il a gagné son pari. C’est que ça n’était pas gagné d’avance. Les polars pullulent. Allez donc vous faire un nom quand il paraît plus de Chase chaque année que de saints au calendrier. Oui, c’est gagné. À croire que le goût du travail bien fait et cet entêtement dont parlait Flaubert finissent par payer. »

Claude Courchay, Le Monde des Livres, 26 août 1977.


Flammarion, juin 1977.

J’ai Lu, n° 1587, 1980.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 2, 1996.

Fayard Noir, 2005.


« Dans une ville de province, les CRS emportent des barricades de révolutionnaires. Un CRS est poignardé. Tous les soupçons se portent sur Luis, qui vient de sortir de prison. Parce qu’il le sait innocent, un journaliste mène une enquête maladroite. Demouzon décrit fort bien l’état d’esprit d’une petite ville de province et les réactions de ses habitants. Il y a beaucoup d’humanité et de tendresse dans cette succession de violences inutiles. Une réussite. »

Georges Rieben, Le Magazine du Mystère, août 1977.


« Demouzon, qui publie son troisième roman en moins de huit mois, maîtrise totalement son récit. Pas une phrase de trop, pas une longueur mais beaucoup de chaleur humaine et d’amitié. »

Pierre Lebedel, Le Figaro, 20 juillet 1977.


« Il part d’un plan destiné à être plus ou moins suivi, la fin est capitale, le reste de l’histoire s’organise autour d’elle. Son but n’est pas de faire des romans policiers bien ficelés, bien huilés, mais de leur garder un côté baroque. C’est sans doute ce qui fait que Demouzon est un inclassable du genre, donnant aux lecteurs ce petit autre chose qu’ils attendaient. »

Denis Mougeot, L’Est républicain, 21 juillet 1977.


« Disons que Le Retour de Luis est un roman plein de bruit et de rumeurs, un authentique « policier » qui ne se rattache à aucune école et fait de Demouzon un auteur qu’il faut prendre en considération. Il a le sens du décor, de l’atmosphère, et ses personnages pèsent d’un poids juste… Le Retour de Luis nous fait regretter de n’avoir pas lu les quatre premiers romans de ce Demouzon-là, et nous pousse à attendre le prochain avec impatience.

Michel Renaud, Le Dauphiné libéré, 7 août 1977.


« Demouzon donne ici son quatrième roman policier, le plus sordide, le plus axé sur notre réalité politico-sociale, ses petites turpitudes et ses personnages vagabondant dans la nuit. on s’attache aux pas de Mornet, sorte de Rouletabille qui n’ignore aucune ficelle politicarde, aucun rouage gouvernant les villes obscures, aucun mécanisme intellectuel de la réflexion dialectique qui peut mener à l’élimination de camarades révolutionnaires devenus trop gênants. On lit Demouzon et son Retour de Luis avec une avidité égale d’un bout à l’autre de ce récit solide, au suspense efficace, à l’intrigue cousue main et aux préoccupations très actuelles. Et l’on aimerait que le même Demouzon poursuive dans cette voie où d’autres se sont engagés avant lui (Manchette, A.D.G., Raf Vallet). Nos contemporains, désireux de comprendre la société étrange et policière qui nous gouverne, y trouveront sans doute matière à réflexion. »

Gilles Pudlowski, Le Quotidien de Paris, 23 août 1977.


« En l’espace de deux ans, Demouzon aura gagné son pari. Il a imposé son nom. Le Retour de Luis, quatrième ouvrage de la série, confirme un talent, une originalité et, ce qui n’est pas le plus facile, une résistance. Réussir un livre, passe ; tenir la longueur et marquer des points avec les suivants nécessite un autre souffle. En faisant la preuve qu’il en était parfaitement maître, Demouzon renvoie à leur basse-cour ses détracteurs. »

P.-H. Liardon, 24 Heures, Lausanne, 18 août 1977.


Prépublication en feuilleton de 54 épisodes dans Le Figaro, du 7  février au 15 avril 1978. 

Flammarion, mars 1978.

J’ai Lu, n° 1779, 1985.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 2, 1996.

Fayard Noir, 2005.


« C’est le jour du concours de pêche. Pour rien au monde le commissaire Gassin, venu très tôt contempler la rivière, en bottes de caoutchouc et petit chapeau écossais, n’aurait voulu manquer ça. Et pourtant, parce que deux braconniers butent sur le cadavre d’Esmeralda, la chèvre de Julie Serruzier, le pauvre Gassin n’a plus qu’à remiser ses lignes : les truites, elles ne seront pas pour lui. Fichu dimanche ! »

Annie Coppermann, Les Échos, mars 1978.


« Le caractère de chaque personnage, ses réactions, ses incertitudes sont remarquablement décrits. On croit à cette atmosphère pesante jusqu’à ce que la vérité éclate, pas bonne à dire comme dans tous les drames de famille. […] Demouzon fait preuve de plus en plus de rigueur dans l’intrigue et maîtrise parfaitement — ce qui est rare chez les auteurs du genre — les rouages d’une enquête. Un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer. »

Pierre Lebedel, Le Figaro, juin 1978.


« Atmosphère, atmosphère. L’art de Demouzon est là. L’ex-auteur de Gabriel et les Primevères, devenu un auteur de roman policier pour qui les éditions Flammarion ont créé une collection exclusive, vient de tracer un nouveau décor, d’inventer de nouveaux personnages, d’inscrire de nouveaux dialogues en demi-teintes, en taille-douce, en clair-obscur, comme on aimerait le dire d’un peintre intimiste. […] Prenant de la distance avec ses personnages (aucun n’est parfait, ni totalement sympathique, ni vraiment méchant), ménageant sa tendresse pour les coupables, son ironie pour les forts, sa mansuétude pour les humbles, sa gouaille pour les riches, sa complicité pour les gens un peu lucides, un peu désabusés, qu’il place, sans trop les secourir, en vedettes modestes.. […] Avec une habileté dans la conduite du récit à toute épreuve, il nous conduit jusqu’à la découverte des coupables, de cette vérité pas belle à dire qui est le lot du roman noir. Et il sait, le mystère une fois élucidé, poursuivre son récit au-delà, nous montrant que l’intrigue n’était que le prétexte à agiter des ombres.»

François Gilles, Le Journal, quotidien Rhône-Alpes , 4 mai 1978.


   ZAP !


« Empêtré dans son scénario mal ficelé, errant au milieu d’une ribambelle de personnages dont aucun — victime ou suspect — ne suscite l’intérêt, Demouzon perd pied et pour tout dire s’ennuie et nous ennuie. » Le Dauphiné libéré, 26/03/1978.

« Nous avons assez dit le mal que nous pensions des premiers livres de Demouzon pour saluer comme il convient cette cinquième tentative dans le domaine du roman policier soigné et fouillé. Cette fois, c’est un joli poisson que le pêcheur Demouzon a sorti de l’eau — fatalement trouble.» Minute, 22/03/1978.

« Le commissaire pataugera dans ses investigations, ce qui est la principale originalité de ce roman allègrement mené, mais où l’on ne retrouve pas les qualités d’écriture et d’atmosphère des précédents ouvrages de l’auteur. » Valeurs Actuelles, 10/04/1978.

« On admire une fois de plus les astuces d’un Demouzon dont les surprises, et le talent, restent toujours neuf. » La Libre Belgique, 12/04/1978.

« Mais pourquoi diable l’auteur fait-il évoluer les habitants du château en maillots de bain (ou sans maillot), le jour même où leur jeune parente est morte ? Il y a des limites à la provocation. Et il y a un mystère dans cet auteur qui ne peut s’empêcher de glisser quelque grain de sable dans une machine qui tourne rond. » Lire, avril 1978.

« Achetez celui-ci de confiance, un suspense mené de main de maître vous tiendra en haleine jusqu’à la chute finale. » Quinze ans, juin 1978.

« Des émotions, des rebondissements, des mystères, il y en a, dans ce très bon « policier » bien mené et bien écrit. » La Vie, 15/06/1978.

« Cette fois, j’en sui certain. Alain Demouzon est un écrivain. Il a ramassé son action, ce qui fait mieux ressortir la valeur de son style et la richesse de son invention. » La Revue indépendante, juin 1978.

« Avec ce livre intelligent et divertissant, Demouzon s’affirme comme un auteur policier français avec lequel il faudra dorénavant compter. Minute, 25/06/1978.

« Je crois Demouzon digne de figurer, parmi les quelques rares écrivains du roman noir, dans le peloton des grands de la littérature. » Christiane (Belgique, mensuel), août 1978.


Prix Mystère de la Critique, 1979


Flammarion, juin 1978.

J’ai Lu, n° 1267, 1981.

Famot, Genève, 1981, coll. “Les grands maîtres du roman policier”.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 2, 1996.

Fayard Noir, 2006.


« Le héros de Mes crimes imparfaits, professeur de littérature anglaise à la fac de Vincennes, excédé par la platitude des crimes parfaits, décide d’en commettre d’imparfaits. Il s’exécute avec une sagacité méticuleuse. C’est un théoricien : « Le crime imparfait, tel que nous l’envisageons, ne peut être que la forme suprêmement parfaite du crime parfait ». Il sait passer à l’acte. S’ensuivra toute une série de forfaits commis à ciel (presque) ouvert, servis par un flegme britannique et une chance hors pair. »

Claude Courchay, Le Monde, novembre 1978.


« Les étranges conceptions criminelles du narrateur, l’élégance et la subtilité avec laquelle il commet ses forfaits, son sadisme glacé, autant que la délicatesse d’un style narratif dépourvu de toute cruauté comme de tout remords font de ce nouveau récit de Demouzon un petit chef-d’œuvre d’humour noir. »

André Boretti, Le Soir (Marseille), juin 1978.


« Dans Mes crimes imparfaits, l’auteur, Demouzon, propose à ses lecteurs un problème policier d’un genre inédit : comment maintenir l’intérêt en faisant raconter par l’assassin lui-même les crimes qu’il a commis ?… Point de mystère donc ? Bien au contraire, et l’auteur gagne très habilement son pari. Il est aidé par un style plein d’humour et de décontraction, le développement d’une ingénieuse théorie du « crime imparfait », beaucoup plus parfait en réalité que les prétendus crimes parfaits de la littérature policière traditionnelle, par un sens étonnant du récit, et — comme il convient — un dernier mot du roman… qu’il ne serait pas loyal de dévoiler. C’est dire que cet ouvrage, non seulement se lit sans ennui, mais encore réserve autant et plus de surprises que les meilleurs du genre, et ceci, jusques et y compris le point final. À qui croirait que tout a été écrit depuis qu’il y a des hommes et qui écrivent des « policiers », Demouzon apporte un démenti « parfait ».

Jean-Pierre Vélis, L’Éducation, juin 1978.


« En amenant son héros à s’interroger sur le crime, et plus précisément sur le crime parfait, Demouzon ne pouvait manquer d’élargir son propos en posant le problème du roman policier. Pour que des crimes fictifs soient aussi parfaits que de vrais crimes, il devient nécessaire que la façon de les raconter soit d’une subtilité au moins égale à l’acte commis et tienne compte, bien sûr, de ce nouveau facteur qu’est le lecteur impatient de savoir… Mettant en pratique ce qu’il raconte tout en le racontant, Demouzon nous fait entendre une très belle symphonie sur le crime, rigoureusement orchestrée. Utilisant la sensibilité de son héros, anglais de père, il crée un paysage aux couleurs d’un Turner dans lequel viennent se perdre de perverses jeunes filles vêtues et dévêtues comme par l’objectif voilé d’un David Hamilton. Décidément, le raffinement va bien à la littérature policière ! »

Michèle Costa-Magna, Vampirella, août 1978.


« On dira bientôt un « Demouzon » comme on parle maintenant d’un Agatha Christie, un Simenon ou un Chase. Le Prix mystère de la critique qui récompense le meilleur policiers de l’année est allé à Mes crimes imparfaits de Demouzon. Septième livre d’un jeune écrivain qui semble très bien connaître ses auteurs (il parodie avec beaucoup d’humour le style anglais ou la gouaille argotique des polars qui n’ont pas froid au vocabulaire), il mérite, par son brio, le trophée attribué. Demouzon avec Mes crimes imparfaits caracole d’une manière très personnelle et amusante dans tous les genres. Manière de montrer ce qu’il sait faire. Virtuose dans le style tasse de thé, éblouissant dans le genre comptoir gras et double tord-boyaux, il s’offre encore le luxe de « théoriser » sur l’art du crime. Demouzon connaît admirablement son métier. »

Jacqueline Bastie, Spécial (Belgique), 3 mai 1979.


Un crime parfait ?

En juin 2010, l’auteur découvre inopinément sur Internet l’existence d’une édition dont il n’a pas été informé, mais qui figure bien au catalogue de la BNF : Mes crimes imparfaits, collection « Les Grands Maîtres du Roman Policier », avec 16 illustrations de Philippe Legendre et une postface de Yves Delalande ; paru en 1981 aux éditions Famot à Genève, distribué en France par François Beauval, à La Seyne-sur-Mer. En connaître un exemplaire ferait plaisir !


Flammarion, octobre 1978.

Publication presse d’une version « digest », dans Bonnes soirées du 8 septembre 1979.

J’ai Lu (n° 1207), 1981.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 1, 1994.

Fayard Noir, 2011 ?


« Pauvre Nicolas Placard, détective privé râleur et sentimental qui, dans l’exercice d’une profession pour laquelle il ne possède pas toutes les qualités requises, notamment le courage physique, se trouve confronté à des situations impossibles. Même lorsqu’il pourrait espérer faire un voyage à La Jolla, Californie, en compagnie d’une blonde vaporeuse, voilà que ça foire. »

Maurice Bastide, Le Provençal, novembre 1978.


« Depuis qu’il « fait la police » chez Flammarion, Demouzon a toujours su se renouveler, ce qui n’est pas si évident. Écrire tient davantage de la technique de l’acrobate de cirque que de celle du joueur de go. Il faut sans cesse recommencer — et réussir — de nouvelles pirouettes. Demouzon y parvient avec une belle régularité. »

Claude Courchay, Le Monde, 3 novembre 1978.


« Si on est amené un jour à écrire l’histoire de la littérature  policière française des années 70, cette période sera certainement placée sous le signe du renouveau et, sans aucun doute, tenue pour une des plus riches et des plus passionnantes de l’après-guerre. […] On aura soin aussi de mettre en avant le nom de Demouzon, et on peut dire que deux ou trois années lui auront suffi pour se rendre célèbre. Et peut-être même ira-t-on jusqu’à prétendre que ses livres sont parmi les plus originaux du roman noir français. […] Il y a ici une écriture, des couleurs, des humeurs, des élans, des effrois, des troubles qu’on ne rencontre pas tous les jours dans la fiction policière. Il y a surtout une chaleur humaine peu commune qui force la sympathie. »

Alexandre Lous, Le Magazine Littéraire, décembre 1978.


« À l’écart des modes et des écoles, Demouzon apporte au roman, à travers une intrigue « classique », le sentiment du désenchantement, de la cruauté tranquille des êtres et du temps ; un poids d’humanité qui fait penser à Simenon ; mais un Simenon qui connaîtrait l’existence de multinationales de la mort. »

Pierre Lepape, Télérama, janvier 1979.


« Les héros de Demouzon sont des témoins, pas tellement futés, souvent lâches ou du moins bien tranquilles, dont les actions ne sont que des épiphénomènes de l’histoire : ils la subissent plus qu’ils ne la provoquent. Ce qui compte ce sont les autres, que l’on découvre par petites touches, tout au long de l’histoire : leurs petites ambitions ou même leur comportement routinier, à l’intérieur d’un système social rigide dont seules les apparences ont changé. […] Demouzon ne prêche pas, ne donne pas de message : mais il suggère et oblige le lecteur à tirer ses propres conclusions. Il n’est pas au service d’une cause, mais son attitude est encore pire : il vous montre le monde tel qu’il est. »

François Piazza, Présent (mensuel du Québec), janvier 1979.

Traduction tchèque, 1983

Flammarion, mars 1979.

J’ai Lu, n° 1325, 1983.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 2, 1996.

Fayard Noir, 201…

Adapté pour la télévision par Jacques Doillon, octobre 1983.  > Voir page AUDIOVISUEL.


« Dans une petite ville, un vieux monsieur assiste à l’enlèvement d’une jolie fille qui lui crie : « Prévenez Raguenaud, de la part de Lily ! ». Et tout démarre. M. Abel se trouve mêlé aux affaires d’ex-militants OAS et de quelques autres, parfois innocents, parfois fanatiques. »

Camille Bourdeilles, L’Humanité dimanche, avril 1979.


« Personne aujourd’hui mieux que Demouzon ne sait plonger le lecteur dans l’atmosphère sournoise, étouffante et secrètement brutale de la vie de province. Usant de ressorts dramatiques d’autant plus angoissants et implacables qu’ils sont simples, Demouzon atteint dans l’analyse de l’instinct de meurtre des profondeurs effrayantes. Simenon dans sa retraite peut se rassurer : la relève, décidément, paraît assurée. »

Jean-Claude Zylberstein, Le Nouvel Observateur, 22 avril 1979.


« L’événement mérite qu’on s’y attarde : voici un ton nouveau dans le roman policier de langue française. Plus que cela même. Demouzon est le premier à approfondir le sillon de Simenon, à s’attacher au même type de personnages, mais en les creusant davantage. […] Il est aussi un édificateur d’intrigues d’une constante originalité. Monsieur Abel déploie à cet égard une virtuosité rare. […] Pour évoquer un climat qui demande une telle finesse de description, il faut une qualité d’écriture qui fait le plus souvent défaut aux habitués du genre. Ici encore, Demouzon fait exception. Sans qu’il ne pèche par esthétisme, sans céder à des coquetteries qui délaieraient le propos, un goût de l’expression choisie et subtile ajoute un plaisir supplémentaire à celui de le suivre dans ses labyrinthes jalonnés de questions. »

Jacques De Decker, Le Soir (Bruxelles), avril 1979.


« Monsieur Abel reprend un thème populaire : comment un homme tranquille, témoin d’un acte de violence, va se trouver entraîné dans l’engrenage. Refuser d’être aveugle amènera Monsieur Abel à découvrir le monde sous ses vraies couleurs (noires bien entendu) ; la lucidité, c’est le désespoir. […] Il fallait du talent pour injecter un sang neuf à une histoire semblable. Demouzon y a réussi, peut-être parce qu’il s’est laissé aller à l’émotion. Nous sommes loin (et tant mieux) de l’ironie forcée d’Un coup pourri. Avec Monsieur Abel, Monsieur Demouzon vient d’écrire son meilleur livre. »

François Guérif, Polar, n°1, mai 1979.


« … Et ce serait trop peu de dire que l’on est ici proche de l’art d’un Simenon pour évoquer des « atmosphères », car Demouzon ne donne jamais, ici, l’impression de se créer un style personnel. De roman en roman au contraire, on le sent plus préoccupé de diversifier son talent, de ne pas remettre ses pas dans les mêmes traces, d’éviter, en somme, la tentation des romans policiers construits autour d’un personnage « à suivre ». Il donne ici une nouvelle et éclatante démonstration de sa virtuosité à se renouveler et de son refus de s’engluer dans la facilité. Ce n’est pas le moindre mérite de cet ouvrage, car, une fois refermé, il ouvre une autre interrogation : que sera le prochain ? »

Pierre-Bernard Marquet, L’Éducation, 14 juin 1979.


   ZAP !


Florilège, de mars à décembre 1979 …


« Demouzon, c’est le grand cru du nouveau roman policier, le pape de cette nouvelle génération d’auteurs qui a dépoussiéré la vieille machine à fantasmer en noir. » Le Matin de Paris, 23/03/1979.

« Avec huit livres en quatre ans (le premier, judicieusement nommé « Mouche », avait d’ailleurs immédiatement… tapé dans le mille !), Demouzon est incontestablement devenu l’un des rois du nouveau policier français. » Les Échos, 27/03/1979.

« Monsieur Abel confirme de façon éclatante que Demouzon est la grande révélation du roman policier français de ces années 70. » Les Nouvelles littéraires, 12/04/1979.

« Demouzon avec ce huitième roman, s’affirme comme l’un des meilleurs auteurs policiers de la nouvelle génération. » VSD, 20/04/1979.

« L’année 1979 voit le triomphe de Demouzon et, avec lui, celui du roman noir. » L’Humanité, 21/04/1979.

« Polar solide et sanglant, rehaussé de personnages bien typés. Le meilleur peut-être qu’ait écrit Demouzon. » Lire, mai 1979.

« On se laisse prendre au jeu et mener une fois de plus par le bout du nez avec plaisir. C’est tout le talent de Demouzon, un jeune maître du genre. » Le Figaro, 4/05/1979.

« L’essentiel, c’est enfin la maîtrise avec laquelle Demouzon fait surgir l’insolite et le mystère à partir des scènes les plus banales. Du bel ouvrage, vraiment. » La Semaine d’Anvers, 18/05/1979.

« C’est avant tout un roman d’atmosphère ; et l’on sait maintenant combien Demouzon est passé maître dans le genre ; un roman d’un auteur dont chaque nouvel ouvrage confirme le talent. » Bulletin critique du livre français, juin 1979.

« Un policier au ton neuf. Et sans doute le meilleur Demouzon. » Le Journal, quotidien Rhône-Alpes, 28/06/1979.

« Sens de l’intrigue, du récit, et puis, comme disait l’autre : « Le style, c’est l’homme ». Ce Demouzon, quel homme ! Un Simenon à la puissance dix. En tout cas, un grand bouquin ! Lyon poche, 25/07/1979.

« Ce roman confirme la réussite de Demouzon dans un genre dont la vogue ne cesse de croître. » Tonus, 24/09/1979.

« C’est loin d’être un roman à l’eau de rose. S’il donne un nouveau style au roman policier, Demouzon a amélioré aussi la technique du frisson. » La Dépêche, La Liberté (Lyon), 28/07/1979.

« De l’atmosphère, du suspense, un ton inimitable et une structure impeccable : il faut absolument lire Demouzon. » Femme pratique, août 1979.

« Quand un quidam de province se prend pour Philip Marlowe. Le meilleur polar de l’année. » Les Nouvelles littéraires, 20/12/1979.

Traduction néerlandaise, 1980


Flammarion, novembre 1979.

J’ai Lu, n° 1472, 1983.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 2, 1996.

Fayard Noir, 201… ?


« Nous suivons par le menu les aventures sanguinaires d’un groupe de vieux jeunes, déçus, rageurs, qui n’ont pas su quitter à temps la politique phraseuse des groupuscules. […] Demouzon garde un ton juste, il soigne les détails, les ambiances, les décors. Quant aux tracts ronéotés qui émaillent le récit, ce sont des petits chefs-d’œuvre d’imbécillité triomphante. Un vrai grand polar. »

Hyma La Hyène (alias Patrick Rambaud), Actuel, octobre 1983.


« Ici, Demouzon s’en prend aux gauchistes de salon qui perpétuent Mai 68 comme les anciens combattants de 14-18 vont ranimer la flamme. Déplaisant, déprimant, marrant : l’anti-Nada. À lire pour grincer des dents. »


Michel Lebrun, Libération, 25 décembre 1979.


« Un roman qui se lit d’un trait et dans lequel on entre sur un coup de tonnerre. Demouzon va nous faire vivre, en compagnie des membres de cette bande, les moments de ces désespérés, des êtres perdus dont la vie est sacrifiée ainsi que celle des autres, des assassins qui croient agir pour une cause. En face, la police qui, comme dans la vie de tous les jours, finit par avoir raison. Section rouge de l’espoir, un livre de Demouzon : plus qu’une série noire, parce que ce roman jaillit dans une vérité du quotidien. »

André Asseo, Le étoiles de France-Inter (radio), 24 novembre 1979.


«  Section rouge de l’espoir vaut absolument le détour : cet auteur caméléonesque, des plus habiles, se livre cette fois à une sorte de tragi-comédie au ton désabusé, cynique, qui se déroule sous nos yeux, dans l’actualité la plus chaude. Un groupe de terroristes baignant dans l’idéologie grotesque, sorte de bourgeoisie d’avant-garde gauchiste et déboussolée, s’enlise dans une entreprise vouée d’avance à la plus sordide échéance. […] Et c’est là, précisément, que l’auteur s’avère d’une grande ingéniosité. Avec un parti pris sans égal, qui est peut-être en la matière celui de l’objectivité, Demouzon fait mouche d’un bout à l’autre de son livre. »

François Rivière, Les Nouvelles littéraires, 29 novembre 1979.


« Sous le fragile vernis d’humour et de légèreté, derrière l’attitude indignée et moralisatrice que le romancier feint d’arborer, Section rouge de l’espoir soulève de façon plus troublante que jamais le problème de la violence dans notre société et celui de la répression de cette même violence, ainsi que la question de l’ingérence des hommes politiques dans le travail de la police. Livre léger en apparence, le nouveau roman de Demouzon est peut-être le plus « engagé » qu’il ait écrit.»

Michel Truchon, Le Soleil, Québec, 8 décembre 1979.


« Section rouge de l’espoir est non seulement le meilleur roman du meilleur jeune auteur français, mais aussi et surtout un beau livre, drôle et grave, teigneux, virulent et salubre, qui remet en place des tas de choses et des tas de gens avec une lucidité qui ravit… »

Michel Lebrun, Polar, décembre 1979.


«  Dans le numéro de À suivre, spécial policier, Demouzon n’est pas cité parmi les auteurs français. Au-delà des lacunes et des inexactitudes que comporte l’étude en question, l’absence de Demouzon me semble significative. Il n’y est pas, parce qu’on ne sait pas dans quelle catégorie le ranger. Son âge l’empêche d’être mis aux côtés des vénérables ancêtres (Malet, Simonin, Lebrun, Amila, etc…) et sa façon d’aborder la réalité contemporaine le distingue des « contestataires » (Manchette, Vautrin, Jaouen, etc…). Il ne fait pas partie de ceux qui recherchent une nouvelle écriture (Prudhon) et n’est pas non plus du côté des réactionnaires (A.D.G.). Bref, Demouzon est un des rares professionnels du genre capable de passer d’un sujet à l’autre avec la même simplicité de style et la même efficacité tranquille. Ça lui suffit, à nous aussi. Ce n’est pas Section rouge de l’espoir qui risque d’intégrer Demouzon à un groupe quelconque… »

François Guérif, Polar, n° 7, décembre 1979.

Publicité presse, été 1983.


Flammarion, mai 1980.

J’ai Lu, n° 1587, 1984.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 3, 1998.

Fayard Noir, 201… ?

Adapté pour la télévision par Gérard Marx, mars 1984.  > Voir page “AUDIOVISUEL”.


« Roman fantastique, plus que polar classique, superbement écrit et qui remet en question à l’heure du dénouement ce qu’on avait cru saisir d’emblée. Oh, tout paraît simple, aussi simple que ce Rimbault, cadre supérieur au chômage, affligé d’une épouse à la fois alcoolique et nymphomane, qui pointe à l’Agence pour l’emploi puis se perd dans les dédales d’un quartier promis à la démolition. Mais les errances de l’homme sont-elles aussi réelles que les carcasses de maisons éventrées ? Les filles mortes qui tombent avec les gravats sont-elles bien mortes ? Et Rimbault est-il Rimbault ? […] Alain Demouzon vient de franchir un pas décisif, celui qui le place d’un seul coup au premier rang des grands de cette littérature policière française qui n’a pas fini de nous étonner… »

Michel Renaud, Le Dauphiné libéré, mai 1980.


« La voie qu’il emprunte aujourd’hui est si personnelle que l’on a hâte, déjà, de le suivre vers la prochaine étape. Ce renoncement actif aux valeurs traditionnelles du spectaculaire policier répond bien à la nécessité qui veut que tout écrivain modifie par la pratique le territoire sur lequel il évolue. Entre le roman policier à énigme et le roman noir, Demouzon est sans doute en train de créer une catégorie qui n’appartient qu’à lui et que l’on pourrait qualifier, par exemple, de ‘roman sombre’ ».

Paul Otchakovsky-Laurens, ALF, mai 1980.


«  With a sure hand Demouzon leads the reader into the unrelieved shabbiness of the palace of desire, a place whose meanness is only matched by the soullesseness and brutality of the society as a whole. The writer’s vocabulary is absolutely à la page ; he is at his best in the interior monologues, especially those of Rimbault. The plot’s solid construction recalls Butor’s L’Emploi du temps. Political corruption, sex, murder, a taut story line with well-drawn characters and the right number of twists ans strings left hanging make reading Quidam a non-stop adventure. »

Michael G. Hydak, The French Review, The University of Alabama, vol. LIV, n° 6, mai 1981.


« Je tiens Quidam pour un roman exceptionnel. Nous en avons fini avec la vieille distinction entre le polar, genre populaire et donc méprisable, et la Littérature, avec L majuscule, qu’on enseigne dans les écoles et qui a droit au Goncourt. Simenon est un écrivain bien plus important que bon nombre d’académiciens. Et Demouzon, il nous en administre une nouvelle fois la preuve, vaut bien la plupart des romanciers dits « sérieux ». Une preuve par le plaisir. Tout au long de Quidam, on est effrayé, subjugué, ébahi, mais toujours enchanté par les situations que l’auteur enchaîne avec maestria. Bref, vous pouvez très bien ne pas lire Demouzon tout de suite : ce sera tant pis pour vous ! »

Jean-Pierre Enard, VSD, 29 mai 1980.


« Quidam, son petit dernier, me semble supérieur à tout ce qu’il a fait jusqu’ici. Demouzon s’affranchit dans ce livre des structures narratives qui semblaient le gêner aux entournures dans ses précédents romans. L’enquête l’intéresse peu, au point qu’il la conclut par une pirouette que les puristes n’ont pas fini de lui reprocher. Je l’ai assez souvent répété : dans un polar, l’explication finale est ce qui me surprend le moins. J’attends d’un roman qu’il me passionne et m’étonne à tout moment. Contrat rempli ici selon mon cœur : rien ne se déroule comme l’on aurait pu le prévoir, cela grâce à des personnages complexes, ambigus, et chargés tous d’une aura poétique. »

Michel Lebrun, Polar n° 12, juin 1980.

Traduction néerlandaise, 1983

Flammarion, juin 1981.

J’ai Lu, n° 1587, 1986.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 3, 1998.

Fayard Noir, 201… ?


« Une cité nouvelle, chantiers en cours, petits pavillons, odeurs de barbecues, boues, orages, chaleur et puis des gens normaux, malheureux… Des choses bien ténues. Il n’en faut pas plus à Demouzon pour bâtir un roman de grand souffle et d’amour, à la fois languide et brûlant, sinueux et soudain convulsif. »

Michel Furon, La Nouvelle République du Centre-Ouest, août 1981.


« C’est le douzième roman de Demouzon qui doit commencer à en avoir assez que, livre après livre, on le traite négligemment de bon artisan et d’agréable faiseur. Du coup, il s’est emballé et vient de nous ficeler un admirable bouquin qui le place désormais en tête du hit-parade des auteurs de polars — et on concevra que j’ai du mérite à le dire. »

A. D. G., Minute, 22/28 juillet 1981.


« Alain Demouzon ne chôme pas. Et chaque nouveau titre contribue à cette exploration du monde contemporain qu’il a entreprise en se servant de la littérature policière comme du moyen le plus aigu, le plus fidèle, pour décrypter notre réalité. […] Et puis, il y a son humour et sa tendresse pour ce qui, en fin de compte, n’est rien d’autre que la misère humaine. Lisez vite Bungalow ! N’attendez pas qu’on découvre dans dix ans ce qui est déjà évident : roman après roman, patiemment, Demouzon est en train de bâtir une œuvre qui pourrait bien le rendre, pour ces années 80, l’équivalent de Simenon. »

Jean-Pierre Enard, VSD, juin 1981.


« Demouzon, après un silence inhabituellement long chez lui, nous donne un Bungalow étourdissant. Dans un récit souvent déroutant, où il est quelquefois difficile à première lecture de faire la part du réel et de l’imaginaire, avec un style qui s’affirme de plus en plus (chez lui la poésie naît d’un rien, de la couleur du ciel, de l’odeur de la terre, d’une notation triviale), Demouzon confirme après Quidam qu’il n’a plus besoin de pasticher qui que ce soit pour jouer le premiers rôles dans le polar à la française. » 

Michel Ehrsam, La Croix, 30 août 1981.


« Et si Alain Demouzon, dont Bungalow est le onzième roman, était LE poète du roman policier ?… Pourquoi pas ! Bungalow, si on y regarde de plus près, est une toute petite histoire de gendarmes et de voleurs (à ceci près qu’il n’y a pas de gendarmes et pas non plus de voleurs) et une très grande histoire de ville nouvelle, de communications entre les êtres, de sentiments et de frustrations, d’insécurité, de ras-le-bol généralisé… et de maisons. […] La tourmente balaie tout, la médiocrité quotidienne tourne à l’émeute, rapide, hyperviolente. Demain, dans le calme revenu, on comptera les morts… Alors, Bungalow, un polar ? Ou bien une étude sociologique, ou bien encore un poème lyrique aux accents désespérés. »

Michel Renaud, Le Dauphiné libéré, août 1981.

Publicité presse, été 1981.


    IL y a plusieurs manières d’écrire un roman policier. Les historiens du genre délimitent sentencieusement des catégories : roman d'énigme, roman noir, suspense. Mais le roman policier n’est pas un cadavre que l’on dissèque aisément. Bien sûr, on le croyait agonisant ou même mort, exécuté par les gadgets des super-espions, les pistolets lasers des aliens, voire les vibromasseurs du roman pornographique. Et le voilà qui d'un coup renaît de ses cendres tel le Phénix, qui revient à la mode, qui resurgit du passé comme un amnésique de William Irish. Et les collections nouvelles de proliférer ; et les nouveaux auteurs d’apparaître à la devanture des jaquettes. Les uns se coulant confortablement dans les moules préexistants, comme on s’assoit dans un bon vieux fauteuil usagé : pépère. Les autres se gobergeant de formules magiques — « roman noir », par exemple, l’expression la plus galvaudée du moment ! — en se contentant au bout du compte de retapisser moderne de vieilles carcasses.

Quelques-uns, peu nombreux, essaient d’élargir le champ du roman policier, en explorent les terrae incognita, tentent d’en renouveler les thèmes, les approches, les structures. Alain Demouzon est de ceux-là. Au début, pour sûr, il s’était abrité sous des ombres tutélaires. Simenon avec lequel il partage le sens de l’atmosphère, de la description des atmosphères, et la tonalité pluviale. Chandler aussi, avec cette transposition du privé des « forties » cynique et désabusé, mais incurablement « romantique », auquel la translation temporelle et géographique ne fait gain que d’écœurement et de mal à vivre : l’époque est sévère pour les mythes ; et les « preux », même en imper et chapeau mou, font figure de dinosaures.

Ensuite avec Monsieur Abel et Quidam, Demouzon s’est mis à arpenter des territoires qui n’appartiennent plus désormais qu’à lui. Presque timidement d’abord dans Monsieur Abel, où l’intrigue policière gardait une apparence de déroulement logique. De façon plus frénétique dans Quidam où elle se dissolvait, rongée par l’incessant va-et-vient des apparences et les manipulations prestidigitatrices de l’auteur, pour n’être plus qu’un vague fil d'Ariane. Mais qu’importait au lecteur de n’y point trouver au bout l’Œdipe réglementaire (la solution !) puisqu’il restait piégé comme un guetteur de nouvelle fantastique derrière une vitre brouillée de pluie, au cœur même du mystère.

Le décor, lui aussi, était le siège d’une étrange alchimie. Avant, dans La Pêche au vif ou Le Retour de Luis, le cadre privilégié des intrigues d’Alain Demouzon la ville moyenne de province — combien plus significatif et symptomatique que le lieu commun de la « jungle urbaine » — était décrit avec un réalisme « atmosphérique » et « sociologique » dans les tons gris et verdâtres de la monotonie, de l’engluement, de la banalité, de l’ennui. Le regard porté sur les êtres était celui d’un entomologiste désenchanté. Plongé, entre fascination et répulsion, dans la contemplation des mouvements browniens de ses personnages, l’auteur perçait à jour d’un scalpel incisif leurs motivations mesquines ou dérisoires, leurs ambitions pitoyables ou médiocres, affichant une prédilection pour la face sombre de son univers. Avec Monsieur Abel et Quidam, Demouzon tentait quelques traversées du miroir, traquant des échappées de délire, des trouées de fantaisie, des étincelles de vertige, des fragments d’arc-en-ciel. Paul Otchakovsky-Laurens signalait ici même, à propos de Quidam, cette balance faite au roman de veine naturaliste (et que nous avons décrit plus haut en termes empruntés au vocabulaire des naturalistes) par l’intrusion du conte de fées, du merveilleux. Dans Bungalow, la transmutation est totale, par la grâce d’une écriture qui sait débusquer la magie des êtres et des lieux, l’amplifier, la magnifier au point qu’elle transparaît dans chaque acte, même le plus terre à terre, au point qu’elle imprègne chaque parole, chaque geste, chaque ligne du roman aussi. Un simple changement d’optique, d’éclairage ; une autre manière de regarder et de raconter, une autre façon de tramer le réel. Ailleurs, on tue par envie, par jalousie, par intérêt. Ici, pour rompre un maléfice, briser un sort, conjurer un fantasme.

Pourtant les personnages sont les mêmes, leurs passions aussi étriquées, leurs chimères aussi vaines, leur univers aussi clos (métro-boulot-dodo), aussi banal. Banalité qu’accentue encore le travail de Demouzon sur le discours général, flottant, touffu, emphatique que l’époque draine avec elle, dont il isole les composantes essentielles : slogans publicitaires, pourcentages, réclames, chiffres, stylistique administrative, sigles, statistiques.

Pourtant cette ville nouvelle implantée à coup de trucs promotionnels, avec ses pavillons tout confort, ses gazons et ses tondeuses vespérales, ses week-ends barbecues, son supermarché, ses parkings, ses habitants obsédés par la sécurité peyrefitienne, ses patrouilles d’autodéfense, ses conversations de bistrot, ses bandes de jeunes motocyclettés, ressemble comme deux gouttes d'eau à celle que nous connaissons de visu ou de télévisu.

Sinon qu’en son centre, comme au centre du roman (en son épicentre conviendrait mieux), et tel le clinamen des pataphysiciens, il y a le bungalow, la villa « Scarlet », fragment de rêve, bulle d’exotisme et d’aventure, parcelle de mirage. Et Muriel, la princesse évanescente, qui semble sortir droit d’un volume du Cabinet des fées.

Sinon que ce noyau d’insolite — femme et maison mêlées — va contaminer de sa grâce singulière La Vallée tout entière, jusqu’au flic amateur d’art qui fera semblant d’y faire une enquête. Et que tout un chacun devra payer le prix de ce coup de baguette magique.

Sinon que du drame sourdra la légende…

Pierre Véry avait voulu faire du roman policier un prolongement indéfini des contes des mille et une nuits. Gageons que l’auteur du Thé des vieilles dames aurait aimé Bungalow, ce conte de fées tragique, mais lumineux.

D'ailleurs, il n’y pleut pas.


ALF, l’Actualité littéraire Flammarion, n° 32, mai 1981.


Préface de Léo Malet


Flammarion, juin 1982.

J’ai Lu, n° 2178, 1987.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 3, 1998.

Fayard Noir, 201… ?


« Augustin Lorenzaccio, flic à la gueule cassée, à la vie qui ne vaut guère mieux, tente d’élucider la mort d’un clochard. Un de ceux, innombrables, qui hantent les rues du 13e arrondissement, parce qu’existe là, pour eux, un refuge, mais aussi parce que les terrains vagues y subsistent au pied des grandes tours modernes. Et surtout parce que Demouzon connaît bien le 13e arrondissement : il y habite. »

Monique Lefebvre, Télérama, juin 1982.


« Précipitez-vous sur le 13e roman de Demouzon, qui se passe dans le 13e arrondissement, justement, car c’est peut-être son meilleur, le plus achevé, le plus abouti, le plus brillant. […] Une écriture parfaitement maîtrisée, travaillée avec le plus grand soin mais jamais gratuitement. Avec une préface de Léo Malet, stupéfiante de jeunesse et de force. Lisez Château-des-Rentiers, où s’attarde l’odeur forte des buddleias, d’une certaine décomposition, décrite par Demouzon avec une palette digne des plus grands peintres. »

François Truchaud, Métal Hurlant, août 1982.


« Les personnages sont proches de ceux du cinéma français d’avant-guerre, réaliste et poétique. Demouzon, sans phrases éclatantes, sans grands mots, réussit une peinture des simples, des humbles, des faibles. Un certain voyage au bout des terrains vagues, un sens réaliste d’une humanité qui vit et meurt à crédit, une « atmosphère » qui combine la pesante tristesse d’un quartier, d’une époque et d’un auteur, mais que rachète une compassion rare. »

Jacques-Pierre Amette, Le Point, août 1982.


« Plus qu’à une enquête, c’est à un voyage immobile que nous invite l’auteur dans cette balade incertaine dans un monde saisi entre chien et loup, entre romanesque et poésie, entre conte bleu moderne et carnet intime. Dans sa très belle préface, Léo Malet a parfaitement exprimé ce que l’on peut ressentir à cette déambulation entre deux mondes, à cette « ouverture du Tombeau », pour reprendre sa jolie formule : « C’est ce monde, issu des vestiges du passé et de quelque chose d’incertain qui se projette plus loin que notre fin de siècle, que Demouzon fait vivre dans son bouquin, avec un tempérament de peintre. » D’un peintre qui, abandonnant sa palette pour la gamme, nous jouerait aussi un tendre et pudique nocturne. »

Jean-Pierre Deloux, Polar, n° 25, octobre 1982.


« Demouzon écrit bien et semble soudain s’en être aperçu. Alors il emmêle son histoire dans les métaphores, englue son intrigue dans les comparaisons et nous assène à longueur de lignes ses références littéraires et picturales. Ce n’est plus le XIIIe arrondissement de Malet et Tardi, c’est Huysmans s’essayant au polar. Dommage. Là où j’attendais Lorenzaccio, je n’ai trouvé qu’un Maigret triste, baroque et narcissique. »

Patrick Raynal, Nice Matin, 17 octobre 1982.


« Demouzon a travaillé le style, ça se voit. Le besogneux honnête et quelque peu simpliste du départ a fait place à quelqu’un qui cent fois sur le polar remet son ouvrage. Trop bien écrit, pleureront d’aucuns… Et alors, est-on si habitué de nos jours sans joie à ces écrivaillons, qui confondent maigreur de style et talent, qu’on ne supporterait plus un trop plein de générosité ? Lisez le dernier Demouzon, on en reparlera ! »

Daniel Alfandari, Var Matin, 3 novembre 1882.


« Avec Monsieur Abel et Bungalow, Demouzon semblait avoir trouvé ses terres d’élection au sein de la littérature policière et avoir entrepris de défricher un paysage tenant de la description entomologique et, en même temps, métaphorique de notre société et de la féerie insidieuse qui redonne par paillettes les couleurs de l’arc-en-ciel au gris quotidien. Château-des-Rentiers n’est pas de cette veine. […] Avec ce livre, Demouzon touche à la frontière certes indécise mais bien présente qui sépare la littérature policière de la littérature blanche. Franchira-t-il le pas ? C’est ce que la sortie prochaine de Paquebot devrait nous apprendre. »

Daniel Prasson, Enigmatika, n° 24, juin 1983.

29-31, rue du Château-des-Rentiers, à Paris 13e, en mars 1982.

Partie du cliché photographique  de Jacques Nestgen utilisée par le maquettiste Michel Otthoffer.

Flammarion, juin 1983.

J’ai Lu, n° 2651, 1989.

Le Masque, Intégrale Demouzon, vol. 3, 1998.

Fayard Noir, 201… ?


« Que peut faire un policier confronté, au détour d’une rue, en plein Paris estival, à un commando s’échappant, l’arme au poing, d’un centre culturel panarabique ? Augustin Lorenzaccio, le dernier héros de Demouzon, tirera et blessera grièvement une otage des terroristes, la blonde Nathalie. Accusé par la presse, rejeté par les siens, l’inspecteur Lorenzaccio n’aura plus qu’une idée, rencontrer sa victime dont l’image hante ses nuits. Mais, curieusement, comme dans les rêves, tout semble se liguer pour empêcher ce face à face. […] Cette atmosphère fantastique, compensée par une description clinique des faits et une formidable jubilation d’écriture qui éclate derrière chaque phrase admirablement ciselée, font de Paquebot un policier à part, cruel et poétique.»

Jean-Pierre Fueri, France-Soir, juillet 1983.


« Une aventure où la logique perd pied au même rythme que Lorenzaccio, ballotté par une vague aux relents de folie, entre un rêve d’amour et des silhouettes qui guettent chacun de ses faux-pas. C’est tout le charme de Demouzon, découpé en séquences faussement décousues, où l’illogique du récit s’acoquine avec le fantastique et un humour corrosif pour mieux camoufler l’enfer d’un polar machiavélique et impitoyable. »

Jean-Claude Muratori, Figaro Magazine, 18 juin 1883.


« Paquebot palpite d’images et d’émotions, et la flamme qu’il rallume éclaire violemment nos rêves échappés quand la nostalgie se cogne au réel. Avec ce roman que l’on peut considérer comme son meilleur, Demouzon a mis le doigt sur la plaie ; de la déchirure écarlate, il a fait une fleur. L’une de celles qui s’épanouissent sur le champ infini du malheur. »

Jean-Pierre Deloux, Polar, juillet 1983.


« Chaque roman traduit une vision du monde et suppose une conception de la littérature. Le monde de Demouzon, Paquebot en l’occurrence, est un monde halluciné. Un monde flottant entre le rêve et le réel. L’écriture qui le commande, expressive, pour ne pas dire expressionniste parfois, dérive de la mémoire. Elle en possède les caractéristiques de flou et de détail ; l’impression unique de déjà vu, si l’on peut dire. Pour Demouzon, la langue sert aussi à brouiller les pistes. Ce goût du formalisme, cette ambition, en définitive, honorent Demouzon. D’autant qu’ils ne contreviennent pas au plaisir de lecture. Paquebot se lit d’une seule traite. D’emblée, le lecteur est pris dans une logique qui fait que la fin et le début se superposent, comme s’il fallait que le récit s’annule. À tout prix. Qu’il n’en reste rien. Que des lueurs et de l’hébétude. C’est à ce tour de force scriptural que nous convie Demouzon. Avec lui, le roman policier possède, j’allais écrire désormais, un maître. L’art est le seul domaine où on fait plus que les tolérer. On les appelle. Et on en redemande. »

Denis Fernandez, Révolution, 29 juillet 1983.


« Demouzon, ça devrait représenter tout ce que nous détestons le plus au monde. Le prétexte littéraire. le polar ambitieux. La recherche du mot d’auteur. Donnez-moi cinquante livres coulés dans ce moule-là, les 49 premiers finiront au fond de ma poubelle. Le dernier, c’est Paquebot. Comment ça prend, je n’en sais rien. C’est artificiel. Maniéré. Pas un seul dialogue tout au long des 190 pages. mais c’est efficace. Ça paraît impartial, dégagé, presque clinique, et puis, à la sortie du virage, l’émotion est là. Méfiez-vous des jugements abusifs. Lisez Paquebot, on en reparlera après. »

M.J., Rock & Folk, août 1983.


« Roman policier ou roman tout court ? Régate ou croisière ? L’une et l’autre en alternance. La dominante est dans ce fameux ton Demouzon, mi-brûlant mi-glacé, qui place le propos en gourmandise. En apparence, la recette est de presser les grappes pour en faire du texte. La récolte varie selon les abondances de la sensualité et donne ses couleurs à l’absence, à l’attente et à toutes les demi-teintes de la convoitise, traitées essentiellement en fruits baroques. Puis, dés qu’on entre dans la menace, ça adopte instantanément les rapidités de la prose classique. La vitesse devient celle de l’instanciation en film. Techniquement, la réussite provient de cette alliance du jeu des tons avec l’alternance de deux cadences : la baroque, dense ; et la classique, rapide, dégraissée. Cette réussite en langue française est celle qui respire en américain chez Chandler. Autant dire que Paquebot est un embarquement dans la littérature, l’écriture y fonctionne comme un agrandisseur de l’émotion. »

Jean Guenot, ALF, avril/juin 1983.



Traduction allemande, 1987

   


  PAQUEBOT marque pour Demouzon la fin de la collection Flammarion et signe en même temps un certain délaissement du romanesque policier, au profit d’une approche littéraire plus générale.

      Sur suggestion de son éditeur, l’auteur a en effet entrepris l’écriture d’un “vrai” roman : La Perdriole. Ce qui lui vaudra d’être invité à Apostrophes pour une émission consacrée — sic — aux “premiers romans” !

   Bien qu’on ait alors trop facilement parlé d’abandon, Alain Demouzon ne cessera jamais de s’exprimer en littérature policière : ainsi se succèdent énigmes, scénarios polars et grands reportages de faits divers (à l’hebdomadaire VSD).

   En 1994, la Série Noire (grâce à l’enthousiasme de son directeur, l’écrivain Patrick Raynal) publie Dernière station avant Jérusalem.

  Ce roman atypique n’était nullement destiné à la célèbre collection. Le commissaire Macdo, qui en est le protagoniste, y transparaît comme un double fantasmatique du commissaire Melchior auquel Alain Demouzon va désormais consacrer tous ses efforts.

En hommage amical, une fausse couverture proposée par le peintre Jean-Paul Savignac, datée du 25 juillet 1984.

Vignette de Michel Otthoffer, pour le premier projet de couverture chez Flammarion, avril 1983.

       
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En août 2004, les éditions Fayard ont signé un contrat pour la réédition des 13 romans policiers précédemment parus chez Flammarion, entre 1976 et 1983. Six titres ont été republiés.  La sortie d’Adieu, La Jolla a été repoussée trois fois (dernière mise sur le marché prévue en mai 2009), puis le projet a été mis en sommeil et finalement arrêté. Les 7 titres suivants ne seront donc pas republiés: Adieu, La Jolla, M. Abel, Section Rouge de l’Espoir, Quidam, Bungalow, Château-des-Rentiers, Paquebot.

Format 13,5 x 21,5 cm

Mouche, mai 2005, 408 p. – ISBN 978-2-213-62479-8

Le Premier-né d’Égypte, mai 2005, 432 p. – ISBN 978-2-213-62480-1

Un coup pourri, mai 2005, 360 p. – ISBN 978-2-213-62481-X

Le Retour de Luis, octobre 2005, 310 p. – ISBN 978-2-213- 62670-7

La Pêche au vif, octobre 2005, 312 p. – ISBN 978-2-213-62671-5

Mes crimes imparfaits, novembre 2006, 268 p. – ISBN 2-213-63131-X


« Je le savais bien que les Demouzon parus chez Flammarion entre 1976 et 1983 deviendraient des collectors. Le texte, plus le look de la couverture. Pourquoi ne les ai-je pas gardés ? Parce que j’avais l’intégrale Demouzon parue au Masque en trois volumes, dans les années 90. Un autre collector, avec des préfaces de Jacques Baudou. En voici un troisième : la réédition chez Fayard, de Un coup pourri, Mouche et Premier-né d’Égypte, polars majeurs de l’écrivain. Les premiers qu’il ait écrits, du reste. Tous en 1976. Pour écrire bien, il faut écrire beaucoup. Exactement comme la natation. Ou la cuisine. Ou le sexe ! […] Les paysages sont bien frappés, les personnages aussi. Demouzon nous balade. Les auteurs de polars ne doivent-ils pas être des guides touristiques de la mort ? Achetez ces trois Demouzon et allez sur n’importe quelle plage : elle vous paraîtra moins moche, puisque vous ne la verrez pas. »

Patrick Besson, Nice-Matin, 26 juin 2005.


« Ancien assistant de Jean Yanne, dont il devait s’assurer que le frigo personnel était bien rempli de glaçons pour l’apéro, cofondateur de l’association 813, créée en hommage au grand Arsène Lupin, et scénariste des « Cinq dernières minutes », il fut surtout l’un des seuls (avec Simenon, San-Antonio ou Gérard de Villiers) à être publié quasi inconnu dans une collection créée pour lui seul chez Flammarion en 1973. Trente et quarante livres après, ces rééditions sont l’occasion ou jamais de revisiter la comédie inhumaine de ce Balzac seventies. Celle aussi d’une France mesquine, abonnée à ses 25 litres d’alcool annuels par habitant et aux « privés » douteux, mais dont les « policiers » à 18 francs le volume savaient aussi avoir des lettres. »

Christophe Ono-dit-Biot, Le Point, 4 août 2005.


« Réédition bienvenue des trois premiers romans policiers de Demouzon publiés chez Flammarion en 1976 et 1977. La stature de Demouzon est parfaitement emblématique d’un choix d’éditeur qui a décidé de faire la part belle aux textes littéraires et de refléter tous les aspects du polar, genre de plus en plus soluble dans la littérature tout court. Jusqu’en 1983, Demouzon publie treize récits criminels dans une collection dont il est l’unique auteur. Explorant des voies diverses, l’auteur cherche à élargir le champ de la littérature policière en en renouvelant les thèmes. Demouzon est un grand romancier, en voilà la preuve par trois. »

Michel Bellaton, le Dauphiné Libéré, 30 mai 2005.


« Une très heureuse initiative. Surtout à cette période de l’histoire du roman policier français, qui n’a jamais été aussi atone, aussi assoupi, aussi peu inventif. Donner à relire les premiers romans de Demouzon, c’est permettre de mieux mesurer le fossé creusé, en quelques années, par conformisme « idéologique », par laxisme et par ignorance. »

Annie Matiquat, Enigmatika, 2005/n° 1.

Publicité presse, mai 2005