Calmann-Lévy, mai 2000.

Publié conjointement avec La Promesse de Melchior.

Pocket policier, n° 12111, Paris, juillet 2007.


« L’histoire singulière de Melchior — sa chute et sa rédemption — s’échappe du chemin de l’enquête policière pour atteindre une dimension poétique assez rare dans le paysage du polar français. Voici, on l’aura compris, un texte magnifique à ne pas manquer. »

Sylvie Kha, Les Crimes de l’année, mars 2001.


« Alain Demouzon est un écrivain raffiné qui publie trop rarement ; son dernier roman policier, consacré à Jean-François Melchior, commissaire de Fontenay-Central, remonte à 1995. Aussi la sortie simultanée des deux nouvelles histoires de cet enquêteur atypique est une bonne surprise. Dans Melchior et les innocents, il est confronté tour à tour à l’agression de son adjoint et ami, à la menace d’un adolescent qui lui tire dessus et à la disparition de son petit-fils. Melchior a de quoi s’enfoncer profondément dans la dépression ! Entre intervalles de lucidité et de délire, il devra chercher les coupables, trouver des réponses à ses propres questions et sauver les innocents. La perte de ses illusions en fait un personnage tragique ; sa volonté salvatrice, un héros incarné, rédempteur et presque biblique, à l’instar de son patronyme. »

Claude Mesplède, Temps noir, décembre 2000.


« Ceux qui suivent depuis des années l’impeccable Alain Demouzon, l’écrivain qui refuse le polar racoleur et superficiel et préfère la profondeur de l’étude psychologique, connaissent Melchior, ce policier atypique. C’est un flic qui déteste la police ! Il n’arrive pourtant pas à décrocher, car en dépit de ses doutes et déprimes, il croit à sa mission. Absent des librairies depuis 1995, Melchior est doublement de retour avec deux volumes qui peuvent se lire indépendamment, mais constituent une suite, au sens quasi musical du terme. »

Jean Contrucci, La Provence, 6 août 2000.


« Dans les histoires du roman policier français, Alain Demouzon figure aux côtés de références comme Manchette, Vautrin ou Francis Ryck. C’est dire qu’il fut de ceux qui embrasèrent le polar des années de crise et que son talent fut unanimement reconnu, comme en témoigne la réédition de ses romans d’alors par les éditions du Masque. S’éloignant du genre pour mieux y revenir, Demouzon n’est jamais allé aussi loin que dans la série des Melchior. Dans Melchior et les innocents, à la suite d’une interpellation qui a mal tourné, le commissaire plonge dans la dépression. C’est qu’il ne se sent plus à sa place, que le ronge « le sentiment de ne rien comprendre vraiment ». L’idée de quitter la police le hante ; il perd le contact, peu à peu, avec ses hommes et voit remonter ses démons intérieurs tandis que la colère enflamme cette banlieue où il est censé officier. « Tout le monde est malheureux, chacun souhaite la compassion », note un Demouzon au plus noir de lui-même et dont le style rend à merveille toute l’atmosphère cotonneuse d’une vie qui s’englue entre les tours de béton, une solitude irrémédiable et la grisaille des vies perdues. »

Alain Bertrand, Luxemburger Wort, 22 juin 2000.


« Ces deux polars qui n’en font qu’un, comme deux saisons qui se suivent, pour reprendre la métaphore de Demouzon, sont tout bonnement superbes. De la littérature policière volontairement dépouillée de ses artifices pour laisser toute sa place à la peinture sociale et, surtout, au regard de l’écrivain. […] Melchior et les innocents : Livre exceptionnel, passionnant sans être haletant, sombre sans être vraiment pessimiste, lucide et, peu à peu, réparateur. Plus qu’un anti-polar, c’est un polar à contre-emploi, comme on le dit pour les acteurs comiques qui révèlent soudain une surprenante nature tragique. »

Stéphane Bugat, Le Journal du polar, n° 6, juin-août 2000.


« Aussi hétérodoxe que soit l’enquête un peu somnambulique du commissaire Melchior, elle s’inscrit dans un décor et un contexte social d’une justesse bien plus grande qu’il n’est habituellement de mise dans le manichéen roman noir français. L’auteur ne pratique pas l’angélisme — d’une phrase il fait un sort à ceux qui ont « la haine » à la moindre contrariété du quotidien —, son regard est lucide, désenchanté, mais il est trop conscient de « l’incompréhensible cruauté de la condition humaine » pour ne pas nous faire éprouver de la compassion pour le peuple entier de ses personnages. »

Jacques Baudou, Le Monde des livres, 7 juillet 2000.


« Tout le talent — vraiment très grand — de Demouzon pour décrire le monde actuel, clownesque et aveugle, banal et incurable, à travers le coup de déprime d’un flic. Le commissaire Maigret, son humanité, sa lucidité, sa présence d’esprit ne sont jamais loin. Dialogues d’une ironie froide. Sentiments chauds. Une fascinante description de la chute d’un homme qui regarde autour de lui. Un livre magnifique qui rappelle les films néoréalistes de Vittorio De Sica. Bouleversant et loin des clichés du polar. »

Jacques-Pierre Amette, Le Point, 14 juillet 2000.

Traduction allemande.

PRIX POLAR 2000

du Salon de Montigny-lès-Cormeilles


PRIX MYSTÈRE de la CRITIQUE 2001



Calmann-Lévy, mai 2000 (publié conjointement avec Melchior et les innocents).

Pocket policier, juillet 2006, n° 12110.



« Dans La Promesse de Melchior, le commissaire en convalescence en Bretagne après sa mise à pied, entreprend de remonter la pente. Est-ce la province ? Est-ce le fait de retrouver des sentiments d’enfance ? Toujours est-il que Melchior tentera de dompter ses démons en enquêtant sur un meurtre, non résolu sept ans plus tôt, qui lui paraît bien être le fait d’un tueur en série. De révélation en révélation, l’enquêteur finit par se retrouver face au meurtrier dont, en fin de compte, il n’est pas si éloigné. Car Demouzon plonge le scalpel loin au fond des blessures et sa quête de l’homme est sans compromis. Son policier, en vérité, est non seulement cet être fragile en proie à l’irrésolution amoureuse et à la culpabilité, mais il participe aussi au mal. Melchior découvre en lui certaines pulsions noires, à l’image de celles du tueur. En somme, Demouzon écrit sur l’innocence brisée et sur les dérives qui en découlent. […] Avec cette sombre histoire de rédemption, il a écrit un de ses tout meilleurs livres, un roman policier qui sort de la mêlée en plongeant au cœur de l’humain : paradoxe de la littérature. »

Alain Bertrand, Luxemburger Wort, 22 juin 2000.


« La quête patiente de Melchior n’est pas retracée, comme trop souvent, de manière purement fonctionnelle ; elle est ponctuée de vraies rencontres qui sont autant de croisées de destin. Un leitmotiv parcourt en filigrane toute l’œuvre et affleure souvent : celui de la peinture, du dessin, du tableau au sens large, qui fournit à Melchior des indices qui ne sont pas seulement d’ordre matériel. Autant dire que La Promesse de Melchior est d’une densité romanesque, une épaisseur psychologique qu’on ne rencontre que trop rarement dans la littérature policière française, sans que l’intrigue pourtant soit sacrifiée ; Alain Demouzon terminant son roman sur un coup de théâtre magistral qu’il a pris soin de subtilement préparer. Avec ces deux romans, Demouzon vient d’illuminer le morne paysage du polar français. »

Jacques Baudou, Le Monde des livres, 7 juillet 2000.


« Le dénouement est impeccable, mais on est surtout heureux d’avoir accompagné, le temps de cette double lecture, ce travail de reconstruction qui ne peut que nous inciter à nous poser bien des questions, à nous aussi. Ne comptez pas sur Melchior pour vous dorer la pilule, pour vous enivrer d’une improbable épopée. Mais la manière dont il nous aide à patauger dans le réel s’avère finalement tellement plus salutaire. »

Stéphane Burgat, Le Journal du polar, n° 6, juin-juillet-août 2000.


« Ce sont toujours les mêmes questions qu’il se pose, Melchior. Celles de l’individu, de sa souffrance, plus que de sa culpabilité. Voilà ce qui donne à cette série de Demouzon un ton tellement particulier. Plutôt que de brasser le cliché et de le recycler, de faire américain, rapide, tape à l’œil, il préfère aller chercher du côté de Maigret un rythme plus lent, une plus grande attention aux menus faits de la vie. »

Daniel Martin, Centre-France dimanche, 4 juin 2000.


« Sachant admirablement se servir de son personnage récurent pour mieux asseoir ses idées libertaires, Alain Demouzon casse les grilles de lecture habituelles du récit noir, tout en préservant avec une intelligence rare l’aspect formel de l’enquête. Si les idées de Melchior sont parfois atypiques, le déroulement de l’intrigue se charpente quant à elle dans une rigueur narrative sans failles. Rejoignez les mondes inquiétants du commissaire : c’est admirable, et c’est en double : normal, comme le facteur, l’étrangeté avec Melchior sonne toujours deux fois. »

Maxime Romain, La Marseillaise, 3 juillet 2000.


« Un personnage complexe, une très bonne intrigue où l’action est tributaire d’un contexte social et humain et renvoie à l’essentiel : le combat entre la vie et la mort, à notre imparfaite humanité. Et tout ça très bien écrit. Ce retour au polar confirme Demouzon comme le meilleur auteur actuel de romans noirs français. On attend avec impatience la suite ! »

Denis Lebrun, Le Libraire, Québec, automne 2000.


« La Promesse de Melchior est assurément un des meilleurs romans de l’année pour ses qualités d’écriture et la forte personnalité de ses personnages. Un titre à la fois bouleversant et apaisant. »

Alain Regnault, Les Crimes de l’année, mars 2001.


« L’énigme, le suspense, l’approche psychologique des personnages et l’écriture font de La Promesse de Melchior l’un des trois ou quatre meilleurs romans des deux années avec, pour distinction, le Prix Mystère 2001. La dernière phrase lue, on regrette déjà Melchior. »

Jean-Claude Alizet, L’année de la fiction, vol. 11, 1999-2000 (Encrage, 2003).

Calmann-Lévy, février 2003.

Pocket policier, juin 228, n° 12112.


« Melchior en automne est donc le quatrième roman de la série, on dit que ce sera le dernier, mais avec Demouzon… En tout cas, Jean-François Melchior est toujours sur la brèche en ce temps d’automne où les grands vents d’équinoxe brassent les feuilles mortes et obligent le commissaire de Fontenay à remonter le capuchon de son duffle-coat. En cette saison qui annonce les fêtes et la neige, la vie — c’est-à-dire, la mort — continue. Un cadavre est découvert au coin d’une rue. Un homme gît là, inconnu, pas de papier, rien… sinon une petite culotte ! Commissaire, débrouillez-vous avec ça ! Et puis aussi, comme on vous le demande expressément au quai des Orfèvres, étage des pontes, retrouvez la mystérieuse Béatrice Fantin… »

Michel Renaud, le Dauphiné libéré, 14 avril 2003.  


« La machine romanesque, parfaitement montée par Demouzon, qui excelle comme Simenon à camper une ambiance, un décor, et à donner un vrai poids d’humanité aux pantins dont il tire les ficelles, mêle habilement deux enquêtes qui se révéleront n’être qu’une même et seule « affaire de famille » où sont impliqués flics, magistrats, plus quelques « seconds rôles ». Comme toujours chez Demouzon l’enquête policière n’est qu’un prétexte à « sonder les reins et les cœurs » de ses personnages, en se livrant à une étude quasi métaphysique de l’âme humaine, leur donnant une épaisseur qu’on trouve rarement dans le genre polar. »

Jean Contrucci, La Provence, 2 avril 2003.


« Un livre qui dépasse le cadre du roman noir pour parler de littérature. Maître du polar français, Alain Demouzon charrie un certain vague à l’âme dans son dernier roman. La mélancolie du soir, celle de l’automne, pour reprendre une expression célèbre. Mais son adieu à une époque s’évoque avec un brio prodigieux. Et puis, si Melchior est l’acceptation, avec la distance de la fiction, d’une représentation de lui-même, l’écrivain reste toujours en quête d’une bonne étoile. […] Se renouvelant constamment, inventeur de son propre talent, Demouzon peut se définir en cinq mots : meilleur écrivain français de polars. »

Bernard Chappuis, 24 Heures, Lausanne, 18  mars 2003.


« Créé en 1995, le personnage du commissaire Melchior — Jean-François de son prénom — est sans conteste une des figures les plus attachantes de la littérature policière actuelle. […] On ne compte plus de nos jours les auteurs de romans policiers de langue française. Mais parmi eux, Alain Demouzon est un des rares, un des très rares à avoir réellement bâti une œuvre. »

Alexandre Lous, Le Magazine littéraire, avril 2003.


« On le sait, tout roman policier repose sur un questionnement : qui est le coupable ? Qui sont les innocents ? Qui sont les responsables ? En vieux routier du polar, Alain Demouzon pousse ces questions jusqu’à l’extrême. Même son enquêteur, Melchior, se laisse prendre dans les tourbillons de la recherche de soi. Qu’a-t-il fait de ses illusions ? Que sont ses vieux amis devenus ? Quel sens trouver à sa vie d’homme et de policier ? Être fragile, en proie au doute et à la culpabilité, Melchior est aussi un être de langage. Au fond, on se demande si sa quête ne consiste pas à rapprocher le mot de la chose. […] Demouzon, loin des fabricants de thrillers américains, nous plonge dans une œuvre écrite, avec un sens consommé des atmosphères, des états d’âme, des descriptions. Si bien que son livre a du corps et de la substance humaine. Et qu’il joue des canons du polar pour sublimer le genre et le confronter à une énigme centrale : qui sommes-nous vraiment ? »

Alain Bertrand, Luxemburger Wort, 22 avril 2003.


« Tout au long de ces douze cents pages (*) bien tassées, le lecteur découvre avec bonheur un roman total. […] Ces sombres histoires sont agencées avec une minutieuse virtuosité et le récit se déroule dans une écriture jubilatoire. Alain Demouzon est sans doute de ceux à qui ce genre de fiction et « l’attirail » de ses stéréotypes apportent des stratégies opportunes pour affronter le mal de vivre, avec l’avantage d’en parler de façon décalée, sur un registre ludique. Ainsi est assurée la fonction de divertissement spécifique au polar. L’amateur de suspense ne sera pas frustré, le fil du récit le tirera sans défaillance jusqu’au point final. »

Agnès Vaquin, La Quinzaine littéraire, spécial « Le roman policier », août 2003.


(*) Critique de synthèse sur les quatre premiers Melchior.


« Le titre évoque la feuille qui tombe et met en alerte ceux, nombreux, qui ont une tendresse particulière pour ce styliste inspiré, l’un des grands du roman policier français. […] Demouzon, par ailleurs fin nouvelliste — Histoires féroces, Les Enquêtes du commissaire Bouclard, parus l’an dernier (Fayard) — est un brodeur d’atmosphère à l’ancienne, style posé, construction soignée, sûre conduite du récit et des personnages. Pour tout dire, ses romans sont « écrits ». Lire Melchior, même en été, c’est rencontrer l’émotion autant que le suspense. »

Jacques Gantié, Nice-Matin, 28 août 2003.


« Il faut lire chronologiquement les quatre romans mettant en scène le commissaire Melchior pour prendre pleinement la mesure d’un univers romanesque exceptionnellement riche, ce qui n’est pas si courant dans la production policière. Encore une fois, chapeau bas, M. Demouzon ! »

Sylvie Kha, Les Crimes de l’année, mars 2004.

Fayard Noir, mars 2006. 

Format 13,5 x 21,5 cm, 450 p. – ISBN 978-2-213-62965-2


“ Après s’être mis en disponibilité de la police (depuis le temps qu’il en parlait !…), le commissaire Melchior se rêve en détective privé. Il repeint tranquillement les locaux de la future « Agence Melchior » et, par goût de l’aventure, accepte de prendre les photos compromettantes qui mettraient en cause le mari de sa première cliente. La situation se révèle scabreuse — et même pornographique. Les conséquences en sont bien vite tragiques. Qui est cette mystérieuse cliente dont Melchior ne sait rien ? Son histoire a-t-elle un lien avec celle de cet autre client que son ex-stagiaire Ariane Mariani lui adresse, pour une autre enquête ? Fidèle à sa méthode et à ses inquiétudes, Melchior va patiemment démêler les fils, « sondant les reins et les cœurs », à la recherche de sa propre vérité autant qu’à celle de tous ceux qui croisent sa route.

Après quatre « saisons » qui semblaient mettre un terme à ses aventures, le commissaire Jean-François Melchior reprend du service, chez Fayard, pour une suite qui devrait nous apporter bien des surprises. ”

Argumentaire de l’éditeur, en « prière d’insérer » et « 4e de couverture ».



« Avec Agence Melchior, Alain Demouzon confirme sa place éminente dans le polar contemporain. On croyait (et on s’en désolait) en avoir fini avec lui. En quatre livres publiés en quatre « saisons », Alain Demouzon nous avait effectivement offert l’un des plus beaux personnages de polar de ces dernières années. Jean-François Melchior, commissaire dépressif dans la banlieue parisienne, en quête de lui même, rongé par un métier qui le désespère et ne sachant plus guère où trouver la force de poursuivre sa lourde tâche. Portés par une écriture magnifique et crépusculaire, ces quatre romans semblaient faire un tout. Eh bien, non ! Heureuse nouvelle : le personnage revient en tant que détective privé, dans le bien nommé Agence Melchior. De quoi s’apercevoir combien il nous manquait… »

Hubert Prolongeau, Première, mai 2006.


« Depuis sa première apparition en 1995, on savait Melchior en proie à son mal de vivre, à ses démons intérieurs et à ses fantômes, égaré entre sa misanthropie et son besoin de vérité et de justice, mais dans cette nouvelle aventure, il est plus rembruni encore, plus bilieux, comme s’il était arrivé au bout de tous ses cafards. Il est vrai que sa double enquête va petit à petit le conduire vers son propre passé et vers celui de sa famille, au terme d’une déambulation presque sépulcrale. Difficile, décidément, d’écrire plus noir qu’Alain Demouzon ! »

Alexandre Lous, Le Magazine littéraire, mai 2006.


« Faut-il répéter que Demouzon est le meilleur auteur de romans policiers français des dernières décennies ? […] Demouzon aime bien s’attarder en chemin, ne permet jamais à ses personnages de bâcler leur propre histoire en sacrifiant les détails sur l’autel de la facilité. Tant mieux.  C’est ainsi que Melchior, en jetant un coup d’œil sur l’escalier d’une venelle, a le temps d’identifier entre les pierres disjointes, des touffes de bourse-à-pasteur, de séneçon, de laiteron et de ruine-de-Rome. Cet écrivain-là, c’est un bonheur. Et son Agence Melchior, une adresse à se souvenir. »

Bernard Chappuis, 24 Heures, Lausanne, 2 mai 2006.


«  Depuis nombre d’années, Alain Demouzon poursuit une œuvre aux lisières du roman criminel et de la littérature générale qui, bien que d’une qualité remarquable, ne rencontre pas le succès et l’attention qu’elle devrait recevoir. Satisfaisante tant au niveau des intrigues que de l’épaisseur psychologique, elle semble cependant ignorée des prescripteurs patentés que sont les critiques des grands quotidiens et hebdomadaires, comme Télérama. Pourtant, tous ceux qui suivent Alain Demouzon depuis les années Flammarion (où il avait sa propre collection), jusqu’aux romans de la série Melchior (publiés par Calmann-Lévy, puis Fayard) savent que notre auteur est un des plus originaux et des plus exigeants de la planète polar. […] Car Demouzon a du roman criminel une haute idée ; et ses lecteurs le savent : un roman de Demouzon, d’un abord plus difficile certes que les romans d’abattage et les best-sellers formatés, laisse des traces ; bref, on s’en souvient, et l’on ne s’est pas simplement « vidé la tête ». […] Œuvre ambitieuse, à plusieurs niveaux de lecture, Agence Melchior est certes un roman criminel, et un bon, mais c’est aussi un roman littéraire superbement écrit dans lequel abondent nombre de formules réjouissantes et de trouvailles stylistiques. D’où les difficultés que rencontre Demouzon pour se faire reconnaître : jugé sans doute trop littéraire pour le monde du polar, et trop polar pour le monde littéraire. »

Jean-Pierre Croquet, Enigmatika, 2006/n° 2.


« Bien plus qu’à un personnage de polar, Melchior s’apparente à une sorte de résistant qui combat l’usure du temps, l’effacement et l’oubli. »

Sylvie Kha, Les Crimes de l’année, n° 16, mars 2007.

Traduction allemande, 2004

Fayard Noir, avril 2008.

Format 13,5 x 21,5 cm, 440 p. – ISBN 978- 2-213-63439-5


Melchior fut autrefois amoureux de Florence. Elle était alors mariée à cet inspecteur dont on vient de retrouver les restes carbonisés dans le métro londonien. Florence demande à Melchior de chercher la vérité sur cette mort mystérieuse qui semble liée à une vieille affaire : celle d’un enlèvement d’enfant, du temps où Melchior n’était alors qu’un commissaire débutant, et Florence, une jeune mariée malheureuse. Que s’était-il vraiment passé ? Pourquoi cette étrange histoire n’a-t-elle toujours pas trouvé sa solution ?

Comme toujours attaché à dévoiler la vérité des êtres en poursuivant les ombres de leur passé, Melchior va démonter peu à peu les rouages d’une machination aux rebonds inattendus. Mais, surtout, il va tenter de reconstruire sa vie avec Florence — un désir de jeunesse et le dernier amour de sa vie. Cette fois, l’aventure sera amoureuse autant que policière.


« Non seulement Un amour de Melchior se clôt en écho à une situation du début du roman, mais aussi en référence à deux mots qui démarrent Melchior en 1995 : « sale flic ». Du grand art. […] Cassant les codes du polar, Demouzon s’interroge sur les errements actuels du genre, parle de la vie telle qu’il la ressent, enrichit son énigme d’un arrière-plan social. Un grand roman crépusculaire qui honore la littérature policière. »

Bernard Chappuis, 24 Heures (Lausanne)

et La Tribune de Genève, 8 avril 2008.


« Esthète de l’écriture, Alain Demouzon est l’un de nos plus brillants romanciers. On se surprend à oublier l’enquête pour se concentrer sur le style accompli, le ton apaisant et surtout les subtiles et permanentes digressions de l’auteur qui donnent vraiment de l’épaisseur à ses personnages. »

Jean-Paul Guéry, Le Courrier de l’Ouest, 15 avril 2008.


« Demouzon a été l’inventeur, de 1976 à 1983, c’est-à-dire de Mouche à Paquebot, du polar expressionniste de gauche. Il y a chez lui une tentation de la fresque. Il aime brasser une riche matière romanesque dans laquelle il distille une agréable neurasthénie. C’est un écrivain réaliste qui dérape dans la fantastique social à cause de son bon cœur gros. Un amour de Melchior fait une sorte de bilan de trente-trois ans de création. Et de ce qui a changé dans le monde : presque tout. Et presque tout le monde. La mort passe en trottinant dans ce roman très noir. Demouzon baguenaude à l’ancienne. On entend sa respiration un peu peinée. On est sous le charme du temps. »

Patrick Besson, Marianne, 10 au 16 mai 2008.

Fin de partie ?


Qu’est devenu le commissaire Melchior ?


   A-t-il vraiment été liquidé à la fin de la sixième saison de ses aventures  ? 

  Il se murmure du côté de la place d’Italie que sa fille Vanessa aurait mis la main sur un paquet de feuilles oublié au fond d’un placard, au moment de la revente du petit appartement de la rue du Château-des-Rentiers...

S’agirait-il de ce fameux “Comptoir des flicards” auquel Jean-François Melchior avait fait allusion ici ou là ?


    “ Au fait, est-ce que vous ne rêviez pas d’écrire un polar ? Vous aviez même un titre, Jef, autant que je m’en souvienne… Comptoir des flicards… hein ! c’est bien ça ?… Est-ce que vous vous êtes lancé dans l’aventure ?

   Melchior avoua qu’il avait tenté quelque chose mais n’en avait pas été satisfait. Il n’avait pas su se conformer aux critères admis avec lesquels il convient de raconter au plus court une anecdote mystérieuse et sanglante, enrobée d’un peu de suspense et de beaucoup de sauvagerie. Ses premiers paragraphes avaient pourtant bien commencé, à la redresse comme il le fallait, d’une écriture brève, cassée, presque invisible. Puis il s’était aperçu qu’il y avait dans ces pages quelque chose de convenu, de facilement reconnaissable et de presque caricatural. Ces pages étaient celles de la meilleure promesse de réussite commerciale, et il ne les avait pas montrées… Il avait eu le sentiment que la vie, dans ces histoires-là, se réduisait à un squelette, sans doute « dur à cuire » à force d’en racler la graisse et la viande, mais que la vie, au contraire, se blottissait dans cet excipient gras qui enrobait et véhiculait le principe actif des choses, toujours si infinitésimal quel qu’en fût son rendement... Melchior n’avait pas su mettre en route une simple histoire flicailleuse, avec la sécheresse « vachement efficace » de ces rapports de police qu’il avait passé sa vie à rédiger. Et il n’avait pas su, parce qu’il ne l’avait pas voulu.

   ll s’enferma et ressassa cette histoire. Il aurait pu se mettre à lire, selon son intention ancienne, et peut-être aussi à écrire, car cette autre tentation continuait de le tourmenter. On le vit traîner dans les galeries marchandes de la place d’Italie et de la porte d’Ivry, devant les machines électroniques aux étiquetages incompréhensibles. Il oscillait, perplexe, peinant à rassembler l’énergie qu’il lui faudrait pour s’emparer brutalement du matériel avec lequel il allait soudainement s’enfuir. Les agents de sécurité le surveillaient. Pour en finir, marchant à nouveau vers un monde qui allait disparaître (celui des petites boutiques, des marchands de livres, de papier et de crayons), il acheta, dans une papeterie survivante, avenue des Gobelins, un paquet de 500 feuilles et une boîte de stylos-feutres.

  Mais la même obsession rendait tout impossible : tant qu’il n’aurait pas résolu cette énigme, il s’interdirait toute possibilité d’entreprendre autre chose. “


                                                                                                              Un amour de Melchior © Fayard, 2008

       
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