Les arbres vénérables qui ont dispensé leur ombre généreuse sont ici soulignés en caractères gras. On voudra bien considérer ce florilège comme une récréation instructive (et quelque peu fastidieuse).


Gabriel et les Primevères :

« Roman provincial, ce premier livre de Alain Demouzon a aussi le charme de la réaction, celle de Bernanos ou celle plus troublante encore de Mauriac… » (Philippe Venault, Le Magazine littéraire, octobre 1975.)

« Hésitant entre Delly et Jacques Robert, l’auteur n’a pas su trouver sa personnalité. » (Le Dépositaire de France, décembre 1975.)

« Tout de suite, le titre de ce premier roman évoque, bien sûr, Proust. En fait, un des personnages ne manque pas en passant, de faire allusion à la vieille métaphore qui a inspiré ce titre comme, auparavant celui de son illustre modèle. Le rapprochement ne va guère plus loin mais cet emprunt est habilement exploité. » (Jean-Paul de Chezet, The French Review, mars 1977.)


Mouche :

« Sur des canevas doublement traditionnels, celui du thriller et celui cher à Conan Doyle et à Agatha Christie, Demouzon écrit de longues réflexions sur la vie. Dans l’amoncellement fatidique des cadavres, c’est un moraliste. » (France Antilles, 16 avril 1977.)


Le Premier-né d’Égypte :

« Dès Mouche, on pensait à Simenon. Dans la vérité des personnages, des milieux, de l’atmosphère ; bref, par le don d’écrivain.[…] Clin d’œil malicieux, affectueux et respectueux à Simenon, justement. Mainguet-Maigret sera soulagé au fond, d’être désarmé devant l’émouvante et énigmatique dame en noir au parfum subtil : cette fois, c’est un salut à Gaston Leroux. Ce double hommage ne souligne que mieux l’originalité de Demouzon et la place qu’il prend d’emblée dans un genre — au-delà  du genre — où il se montre non un fabricant habile mais un romancier qui vise au-dessus de la cible ordinaire. » (Yves Florenne, Le Monde, 7 janvier 1977.)

« Voici un des thrillers les plus fascinants de l’automne. Un véritable thriller à la manière de Chacal [Frederick Forsyth.] De la première à la dernière page, c’est un roman qui passionne très fortement le lecteur, et je le mets aussi haut que Le Chas de l’aiguille de Ken Follett. » (Dast Magazine (Suède), 1979.)


Un coup pourri :

« Doué d’une imagination qui lui permet de se renouveler d’un livre à l’autre, ayant le sens du rebondissement, et un style qui s’apparente à celui d’Alex Varoux et d’A.D.G. avec un rien de Manchette. » (Louise Lalanne, Le Magazine du mystère, mai 1977.)

« Pour moi, Demouzon évoquerait plutôt Malet ou Manchette ; mais il me semble surtout avoir un style et un tempérament bien à lui, dont j’espère qu'ils lui permettront de s'imposer définitivement dans un tout prochain roman. » (Maurice Bernard Endrèbe Le Magazine du mystère, juin 1977.)


Le Retour de Luis :

« Il y a un ton Demouzon, incontestable dans le nouveau roman noir, alliant les préoccupations d’un Manchette et d’un Vautrin à la sobriété d’écriture et à l’ellipse sensible d’un Christopher Diable. » (Gilles Pudlowski, Les Nouvelles littéraires, 23 juin 1977.)


La Pêche au vif :

« Georges Simenon serait sûrement content s’il nous lisait. Il lui semblerait peut-être que c’est d’un de ses propres livres dont nous parlons. » (François Gilles, Le Journal, quotidien Rhône-Alpes, 4 mai 1978.)


Mes crimes imparfaits :

« Ceux qui déplorent de n’avoir pas cette année leur habituel Monteilhet se consoleront en lisant cet excellent pastiche que, avec beaucoup d’esprit et de talent, le jeune Demouzon a fait de son célèbre aîné. » (Maurice-Bernard Endrèbe, L’Aurore, 3 octobre 1978.)

« Demouzon nous fait entendre une très belle symphonie sur le crime, rigoureusement orchestrée. Utilisant la sensibilité de son héros, anglais de père, il crée un paysage aux couleurs d’un Turner dans lequel viennent se perdre de perverses jeunes filles vêtues et dévêtues comme par l’objectif voilé d’un David Hamilton. Décidément, le raffinement va bien à la littérature policière ! » (Michèle Costa Magna, Vampirella, août 1978.)

« […] écrit avec une verve féroce qui rappelle Monteilhet et cet excellent roman de Francis Iles, Préméditation, paru il y a une vingtaine d’années. » (Geneviève Dormann, Signature, novembre 1978.)


Adieu, La Jolla :

« Lorsqu’en voulant dialoguer chandlerien, on reproduit du Carter Brown, n’a-t-on pas mis à côté de la plaque ? » (A.D.G., Minute, 8/14 novembre 1978.)


« Un très bon roman dont Demouzon n’a pas désiré faire un pastiche, sans vraiment atteindre pleinement ce but, car sa plume alerte, la vivacité de ses dialogues, l’humour aussi de ses réparties font irrémédiablement penser à Raymond Chandler. » (Maurice Bastide, Le Pays cévenol, 11 novembre 1978.)

« Cette histoire pathétique, contée avec un humour désabusé, donne plutôt l’impression d’être un hommage à Léo Malet… lequel n’a jamais caché sa profonde admiration pour Chandler ! » (Maurice-Bernard Endrèbe, Les Nouvelles Littéraires, 8/15 février 1979.)


Monsieur Abel :

« Monsieur Abel est un livre qui aurait enchanté aussi bien Marcel Aymé que Pierre Véry, tant le merveilleux s’y mêle tout naturellement au drame. » (Maurice-Bernard Endrèbe, Les Nouvelles littéraires, 12/19 avril 1979.)

« Demouzon atteint dans l’analyse de l’instinct de meurtre des profondeurs effrayantes. Simenon dans sa retraite peut se rassurer : la relève, décidément, paraît assurée. » (Jean-Claude Zylberstein, Le Nouvel Observateur, 22 avril 1979.)


Section Rouge de l’Espoir :

« Demouzon, c’est Simenon rajeuni, modernisé, et pimenté d’un humour particulier à saveur philosophique. » (Huguette Robergé, La Presse, Montréal, 16 février 1980.)


Quidam :

« The plot’s solid construction recalls Butor’s L’Emploi du temps. Political corruption, sex, murder, a taut story line with well-drawn characters and the right number of twists and strings left hanging make reading Quidam a non-stop adventure. » (Michael G. Hydak, The University of Alabama, The French Review, May 1981.)

« Plus que de Chandler ou de Balzac, Demouzon est ici proche de Pierre Véry, auteur entre autres de L’Inconnue du terrain vague… » (Michel Lebrun, Polar, juin 1980.)


Bungalow :

« Pour son douzième roman, l’auteur, qui n’a pas quarante ans, se fait le témoin d’un monde qui a perdu son équilibre et le lecteur pensera à Balzac. » (Jean-Charles Varenne, La Montagne, 30 août 1981.)

« Pierre Véry avait voulu faire du roman policier un prolongement indéfini des contes des mille et une nuits. Gageons que l’auteur du Thé des vieilles dames aurait aimé Bungalow, ce conte de fées tragique, mais lumineux. » (Jacques Baudou, ALF, n° 32, mai-juin 1981.)


Château-des-Rentiers :

« Demouzon échappe de plus en plus à l’orbite polar pour réclamer son droit d’entrée dans le rayon « fantastique » ou encore « réalisme politique » [sic] de votre imaginaire. Carné y reconnaîtra l’un des siens. » (Gilles Pudlowski, Les Nouvelles littéraires, 1er juillet 1982.)

« Impossible de s’intéresser le moins du monde aux individus marginaux ou larvaires qui s’efforcent, sans y parvenir, de manipuler les éléments d’une intrigue policière baveuse et édentée (je veux dire par là qu’elle ne « mord » pas). C’est à Simenon que remonte ce genre de récits. Mais Demouzon n’a ni la solidité ni le métier, ni le style de Simenon, il s’en faut de beaucoup. » (Le Bulletin des lettres, 15 juillet 1982.)

« Cela pourrait être le « Paris » de Balzac, Hugo, Zola, Simenon ou Malet. » (Pierre Lebedel, Pilote, août 1982.)

« … Et puis il y a surtout la magie de Demouzon, le seul dans les auteurs contemporains de policiers qu’on puisse, sans honte, comparer à l’immense Simenon. » (Gérard-Humbert Goury, Biba, août 1982.)

« À l’instar d’un Seurat — la comparaison s’impose d’autant mieux que le meneur de jeu, celui-là même qui avait failli mourir à la fin de Bungalow, est un passionné de peinture — par des centaines de petites touches multicolores posées avec délicatesse, Demouzon nous peint un tableau du 13e arrondissement si envoûtant qu’il lui a valu une préface de Léo Malet, cet autre grand connaisseur du Paris qui n’est pas celui des touristes. » (Maurice-Bernard Endrèbe, Le Populaire du Centre, 4 août 1982.)

« … ce n’est plus le XIIIe arrondissement de Malet et Tardi, c’est Huysmans s’essayant au polar. Dommage. Là où j’attendais Lorenzaccio, je n’ai trouvé qu’un Maigret triste, baroque et narcissique. » (Patrick Raynal, Nice Matin, 17 octobre 1982.)

« Paysages urbains en noir et bleus sortis de Carné, d’Autant-Lara et aussi de Godard. » (Patrick Besson , « Relire Demouzon », Le Figaro littéraire, septembre 2000.


Paquebot :

« Une femme orange, cheveux et corps cuivrés, rêvée dans un cauchemar que n’aurait renié ni Verlaine ni Breton. » (Monique Lefebvre, Télérama, 29 juin 1983.)

« Placé sous le signe emblématique de l’une de ces Filles du feu chères à Gérard de Nerval, ce roman reprend le sombre archétype de la mystérieuse et fatale belle inconnue. » (Jean-Pierre Deloux, Polar, n° 27, juillet 1983.)

« S’il faut, à tout prix, comparer Demouzon, c’est du côté des grands auteurs américains de romans noirs qu’il faut chercher. La lecture de Paquebot, en effet, fait immanquablement penser aux romans de David Goodis. […] Cette parenté, toute flatteuse qu’elle soit, ne doit pas faire oublier l’essentiel, à savoir que Demouzon défriche un terrain qui lui est propre et où personne ne semble l’avoir vraiment précédé. » (Jean-Louis Derenne, Les Nouvelles d’Orléans, 8 juillet 1983.)

« Tout le monde se met à vivre, ici et là, en même temps, dans un strident unanimisme, style Jules Romains de Quinette (mais « hommes de mauvaise volonté »), rénové façon Georges Perec. » (Gilbert Gaston, L’Humanité Dimanche, 2 septembre 1983.)


Le Complot du Café rouge :

« Comme Huizinga et Roger Caillois, Demouzon connaît bien le rôle capital et la fonction fondamentale de l’activité ludique. » (Jean-Pierre Deloux, Magazine-Hebdo, 22 juin 1984.)

« Cet auteur, que certains  critiques ont qualifié de Balzac du « polar » — peut-être à cause de son physique rondouillard — se distingue de la production courante à la fois par une langue moderne et un climat toujours à la frange — à la fange aussi parfois — du fantastique. » (Luc Migeot, La Nouvelle Gazette, Belgique, 12 juillet 1984.)


La Perdriole :

Demouzon vous conduit de main de maître dans un labyrinthe d’aventures rocambolesques, qui puise aux meilleurs recettes du roman à épisodes et débouche, au terme d’une longue fugue (aux deux sens du terme), avec flash-back et da capo, sur le plus solide des « romans de formation ». Ou, si vous voulez, avec un œil sur Alexandre Dumas et un œil sur Rousseau. » (Jean-Paul Morel, Le Matin de Paris, 11 septembre 1984.)

« Valérien, son personnage principal, se balade de la Sorbonne à Censier et se fait botter le derrière par les flics, il ne comprend rien à ce qui se passe et ressemble à Fabrice del Dongo à Waterloo. Après tout, Stendhal n’est pas si loin… » (Jean David, VSD, 13/19 septembre 1984.)

« Demouzon se coule dans une tradition d’écrivains marqués par le Céline du « Voyage au bout de la nuit ». Mais le pessimisme ne suffit pas pour produire des Bardamu. » (François Salvaing, L’Humanité, 25 septembre 1984.)

« Un roman balzacien au sens où il décrit l’ascension et la chute d’un petit Rastignac de cambrousse bien décidé à empoigner Paris […] En même temps, Demouzon compose un roman d’éducation dans le style d’un Gil Blas de Santillane ou de l’Éducation sentimentale. Enfin, La Perdriole est aussi un roman baroque dans la mesure où l’histoire fuse dans tous les sens, l’intrigue « rocambole » à qui mieux-mieux. […] On part au grand galop sur les ailes de l’imagination, comme dans un Alexandre Dumas ou un Ponson du Terrail. » (Jean Contrucci, Le Provençal Dimanche, 23 septembre 1984.)

« Voici une révolution entreprise au nom de l’éducation sentimentale. Un flash-back dévoile le passé de Valérien, son père, la Résistance, on songe à Roger Vailland… » (Claude Glayman, l’Unité, 28 septembre 1984.)

« […] un écrivain qui, de la même manière qu’un Balzac, un Stendhal ou un Drieu La Rochelle, a témoigné des mœurs et de l’esprit de son temps en faisant le portrait d’un jeune ambitieux prêt à dévorer le monde. S’il y a du hussard, au sens où l’entendait Nimier, dans le caractère de Valérien, il y a du corps franc chez Demouzon… » (Jean-Pierre Deloux, Magazine Hebdo, 5 octobre 1984.)

« La Perdriole, son premier roman romanesque depuis la lointaine bluette de Gabriel et les Primevères, traduit enfin l’envol de ses ambitions. Il y avait la flèche de Paul Valéry, qui « vibre, vole » aux derniers vers du Cimetière marin. Il y aura désormais la perdriole d’Alain Demouzon, « qui va, qui vient, qui vole ». (Jean-Louis Ezine, le Nouvel Observateur, 12/18 octobre 1984.)

« L’auteur est plus proche du domaine de Simenon et de Léo Malet que de celui de Jean-Patrick Manchette, ce qui ne l’empêche pas d’être un connaisseur aigu de Raymond Chandler. » (Pierre Coulaud, la Dépêche du Midi, 4 novembre 1984.)

« À mi-chemin de Don Quichotte et de Clochemerle, il nous donne une sorte de mémoire de l’ancien combattant du temps de la chienlit […] C’est le roman qu’aurait écrit Stendhal s’il était notre contemporain. » (Centre France Magazine, 9 décembre 1984.)


Mystère au musée du Chat :

« Une histoire qui se lit et se miaule en toutes les langues puisque nous sommes un peu au pays de Lewis Carroll et que ses héros sont des amis de Fritz the Cat ou de Charles Perrault. » (Laurence Granet, Magazine Hebdo, 10 janvier 1985.)


Le Crime de la Porte jaune :

« Il considérait, comme Raymond Chandler, que dans le roman noir l’énigme joue le rôle de « l’olive dans le martini ». puis il s’est laissé happer par le mystère, s’est mis à mener l’enquête sur les traces d’Hercule Poirot et de miss Marple. Après une première série de crimes, Demouzon récidive… » (Les Dernières Nouvelles d’Alsace, mai 1985.)

« On pourrait en conclure que Demouzon s’efforce de traiter « à la française » le roman noir américain. Ce serait oublier que le roman policier est né avec Féval et Gaboriau, au cœur du roman-feuilleton, dont il a longtemps conservé le souci de peinture (et parfois de dénonciation) sociale. Ce caractère existe encore, quoique plus transparent, chez Leroux et Leblanc. Alain Demouzon, loin de présenter je ne sais quelle « rupture » avec une tradition considérée comme « classique », s’insère donc dans la plus grande tradition du roman populaire. » (Jacques Bens, La Quinzaine Littéraire, 1er/15 juillet 1985.)


Lune rousse :

«  Un amour perdu que n’aurait renié ni Keats ni Edgar Poe ni Lovecraft […] Alain Demouzon s’affirme comme ce tragique rêveur de rêves qu’était Baudelaire, le clin d’œil en plus, donnant à son œuvre, déjà éclectique, une facette supplémentaire. » (Gérard Œstreicher, Le Républicain lorrain, 2 juin 1988.)

« On croit d’abord à une histoire d’adolescent et l’on plonge dans le mystère façon Cocteau. » (Christine Ferniot, Lire, juillet 1988.)

« Avec une habileté diabolique, l’écrivain français cherche ses racines du côté de Faust et d’Orphée. » (Bernard Chappuis, 24 Heures, Lausanne, 21 mai 1988.)


Dernière station avant Jérusalem :

« Ce beau roman d’atmosphère commence comme une histoire de Cassavetes pour s’achever comme une histoire de Wim Wenders. Et pourtant, tout cela n’est vraiment que littérature. » (Christine Ferniot, Lire, juillet-août 1994.)

« Comme dans Le Nom de la rose d’Umberto Eco ou Si par une nuit d’hiver un voyageur d’Italo Calvino, la référence au livre introduit dans un mixte de réel et d’imaginaire qui brouille les frontières entre lire, écrire et vivre. […] L’œuvre de Demouzon se place sous le signe de Borges, de l’univers paradoxal des Fictions comme La Mort et la Boussole où l’enquête obéit aux lois de la fiction, de la mise en scène. » (Franck Évrard, Le Roman policier, coll. « Lire », Dunod, Paris, 1996.)

« On a déjà évoqué à son sujet des « œuvres phares », comme Le Livre maudit de Chesterton, Tout est dans le livre de John Blackburn ou Le Nom de la rose d’Eco. » (Jean-Claude Alizet, L’Année 1994 de la fiction, Encrage, 1995.)

« Un métapolar dont l’une des clés de lecture peut être la métaphysique et pourquoi pas la Kabbale, le Talmud ou le Zohar ? À moins qu’il ne faille y voir une nouvelle mouture d’un très nervalien voyage en Orient… » (Jean-Pierre Deloux, Polar n° 14, janvier 1995.)


Melchior :

«  Si on compare parfois Alain Demouzon avec son cadet Didier Daeninckx, passé maître, avec énormément de cynisme, dans l’art de faire misérable, il y a surtout cette épaisseur du noir, cette amplitude du vécu dru qui les sépare et qui fait la force de Melchior. (Gilles Pletschette, Dernières Nouvelles d’Alsace, 4 mai 1995.)


Avec la série des « Melchior » les ombres de  Simenon se réactivent à qui mieux mieux. On n’en dressera pas ici l’inventaire systématique. La référence est entendue, la révérence aussi…


« Le commissaire Maigret, son humanité, sa lucidité, sa présence d’esprit ne sont jamais loin. » (Le Point, 14 juillet 2000)… « Demouzon se rapproche de Simenon, et son commissaire Melchior peut faire penser au fameux Maigret » (Pleine Vie, août 2000)… « Melchior a l’épaisseur d’un Jules Maigret. » (La Croix, 31 août 2000)… « Un Maigret plus jeune et plus moderne… mais avec le même souci des autres dans sa quête de la vérité. » (La Tête en Noir, août-septembre 2000)… « Deux parcours chavirants que Simenon aurait pu signer » (Le Clap, Québec, 1er septembre 2000)… etc.


Les Intégrales du Masque :

« Il faut lire ou relire Alain Demouzon, pour son style si poétique, qui flingue les modes, et rappelle Pierre Véry et même Marcel Aymé. » (Alain Laville, Nice-Matin, 18 octobre 1998.)

« Un Demouzon est un Simenon avec du gras, ce qui a son charme. Il y a aussi du Léo Malet dans cette prose hâtive et chaloupée. » (Patrick Besson, Le Figaro littéraire, 9 décembre 1999.)


Melchior et les innocents :

« Un livre magnifique qui rappelle les films néoréalistes de Vittorio De Sica. Bouleversant et loin des clichés du polar. » (Jacques-Pierre Amette, Le Point, 14 juillet 2000.)


La Promesse de Melchior :

« Toutes proportions gardées, il y a du Flaubert dans cette plongée au cœur des ressorts du personnage. » (Olivier Barrot, Pleine Vie, août 2000.)


Leçons de ténèbres :

« On est tout heureux de constater qu’à l’instar de Michel Lebrun et de Jean-Patrick Manchette, il a, lui aussi, un sacré caractère. » (Alexandre Lous, Le Magazine littéraire, avril 2004.)

« Lequel des écrivains que nous connaissons (ou avons connus) a-t-il une telle culture sur son sujet de prédilection ? Notre défunt ami Lebrun, sans doute… » (Bernard Drupt, La Revue indépendante, mai-juillet 2004.)


Les Rééditions chez Fayard Noir :

« Ces rééditions sont l’occasion ou jamais de revisiter la comédie inhumaine de ce Balzac des seventies. » (Christophe Ono-dit-Biot, Le Point, 4 août 2005.)

« Mouche et Un coup pourri sont des polars glauques de gauche, comme on en faisait pas mal sous Giscard. Du Fajardie avec plus de mots et moins de sang. […] Le Premier-né d’Égypte, en revanche, est un polar international à la Dan Brown, moins les idioties anticléricales. » (Patrick Besson, Nice-Matin, 26 juin 2005.)

Un coup pourri : « Entre Chandler et Malet, Alain Demouzon développe avec bonheur les stéréotypes du genre… » (Jean-Paul Guéry, Le Courrier de l’Ouest, 12 juin 2005.)



Mais peut-on espérer quitter un jour l’ombre portée des grands prédécesseurs pour, à son tour, caresser de sa ramure chenue les jeunes pousses ?… On pourrait le penser…


« Comme Simenon ou Demouzon, Vargas dissimule à peine la sympathie qu’elle porte au fond à ces silhouettes de papier dont elle emplit chaque page. » (Olivier Barrot, Télé 7 Jours, 8/11/97 ; à propos de Sans feu ni lieu, de Fred Vargas.)


… Mais c’est bientôt l’ombre des cadets qui vient encore se poser sur « l’ancien », interminable débutant :


« Profondément introverti et original dans ses méthodes d’investigation, ce commissaire [Melchior] apparaît comme un frère jumeau de l’Adamsberg de Fred Vargas. Et le style d’Alain Demouzon n’a rien à envier à celui de sa jeune consœur. » (Michèle Witta, Les Crimes de l’année, n° 17, BiLiPo, mars 2007, à propos de la réédition de Melchior chez Pocket.)


Allez, remontons le col du trench-coat !


Un amour de Melchior :

« […] clin d’œil évident à Proust […] est une bonne vieille balade verlano-nervalienne, souvent sous une pluie battue. » (Patrick Besson, Marianne, n° 577, 10 au 16 mai 2008.)



Pour conclure cet inventaire botanique qui n’avait peut-être pas été tenté par d’autres, revenons en arrière, avec l’ami François Piazza, qui nous aura offert en une seule gerbe sans doute la plus ferme épaisseur d’ombres portées superposées :


« Mouche, son premier livre, était presque proustien, dans sa description d’une petite ville, et dans sa recherche du temps passé par le héros. Un coup pourri rappelait James Hadley Chase en nostalgique. La Pêche au vif a fait penser à Simenon tandis que Mes crimes imparfaits donnait à croire que Thomas De Quincey avec De l’assassinat considéré comme l’un des Beaux-Arts avait trouvé un disciple. […] C’est à tort, finalement, que l’on a comparé Demouzon à Simenon, Steeman ou même Frédéric Dard : les gens de la famille ne font pas d’enfant. Demouzon est le bâtard du roman policier… » (François Piazza, Présent, Québec, janvier 1979.)


Ci-dessus: Alain Demouzon, dans l’ombre de la rue Watt, Paris 13e, octobre 1980. Photo, Collignon/VSD.

 

UN écrivain peut aussi se définir — ou, plutôt, être défini — par l’ombre portée des arbres remarquables au pied desquels on l’installe. Cette ombre peut lui être fraîche autant que chaleureuse, tiède ou revigorante, lumineuse, enveloppante… Il ne s’agit pas obligatoirement de comparaisons, et encore moins de superpositions ou d’usurpations, mais de proximités, de compagnonnages. Au fil du temps, le déplacement des ombres, leur affaiblissement, leur permanence ou leur disparition, est un phénomène qui amuse ou attriste. Un jour, le romancier au long cours s’aperçoit qu’on le case parfois dans la pénombre d’une nouvelle « jeune pousse », alors qu’il pensait venu le temps de projeter enfin son ombre généreuse pour devenir à son tour racine.

       
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