Seghers, collection « Mots », mai 1989.

Fayard, novembre, 2003, 1ère édition intégrale, augmentée de 14 textes.


La littérature anglo-saxonne, qui aime et pratique suffisamment la nouvelle pour lui avoir inventé des sous-genres (par exemple, les histoires de fantômes ou les crimes de Noël), nomme Long pig stories ces histoires de grand cochon comestible — qu’il faut comprendre comme un « cochon » développé dans le sens de la hauteur (long pig) et dont il convient par bienséance de ne pas préciser davantage la véritable espèce.

En rédigeant, d’août 1985 à août 1987, les vingt-quatre nouvelles qui allaient composer La Petite Sauteuse, j’étais donc convaincu d’œuvrer dans le respect d’une filiation et dans le renforcement d’une tradition. Tradition littéraire à vrai dire peu pratiquée dans le domaine français, et avec un dilettantisme diffus qui pourra étonner chez un peuple aussi féru de plaisirs culinaires. J’organisai mon recueil en batterie de cuisine, car les bonheurs de table ne naissent pas uniquement des mets proposés, mais aussi, d’une manière plus subtile et secrète, des instruments de leurs apprêts.

Une première édition de ce recueil est parue en 1989 dans la collection « Mots » dirigée par Paul Fournel aux éditions Seghers. Elle comportait dix de ces historiettes. En novembre 2003 paraissait aux éditions Arthème-Fayard l’intégrale des vingt-quatre textes initiaux.

A.D.


L’avis des dégustateurs

« Dix nouvelles sur les thèmes conjoints de la mort et de l’amour avec, en prime, quelques contraintes « oulipiennes » : chaque titre est un instrument de cuisine et la chute est toujours la même, un personnage est mangé. Sur cette trame unique, Demouzon se permet toutes les variations, en dosant habilement les ingrédients, polar, insolite, sensualité, humour, et en restant en permanence dans le domaine de la suggestion. »

Jean-Claude Alizet, L’Année  de la fiction, 1989 (éd. Encrage).


« Il y a dans ce petit recueil de quoi donner des idées à tous les Landru d’aujourd’hui qui en auraient assez de leur sempiternelle cuisinière. À condition qu’ils aient dans leur cuisine au moins un de ces instruments suggérés par Demouzon et dont chacun donne son titre à une nouvelle. « La petite sauteuse », « Le gril », « Cocotte-Minute », « L’économe », sans oublier « Le cul-de-poule » ou « Le hachoir ». Par petites touches sensuelles, Alain Demouzon nous met en appétit. Il nous présente les protagonistes, dresse le menu, nous chatouille les narines de fumets délicats. Tout en nous préparant au pire. Car ici la faim justifie les moyens et la gourmandise perdra plus d’une de ces victimes par l’odeur alléchée. Chacune de ces « recettes » est un chef-d’œuvre d’humour noir. »

Danièle Mazingarbe, Madame Figaro, 10 juin 1989.


« J’étais resté sous le charme picaresque de La Perdriole (Flammarion, 1984) qui eût mérité un prix littéraire. Et voici un recueil succulent, où les mots crissent, rissolent, crépitent en dégageant des odeurs enveloppantes, accommodées à toutes les sauces. Une manière fabuleuse de conjuguer l’art de cuisiner et l’art d’aimer. Subtiles et charnelles correspondances ! On demeure sous un charme ensorcelant au fil de dix nouvelles salées-sucrées. »

René Vigo, L’Est Éclair, 13 juin 1989.


« Le plaisir cannibale a déjà été utilisé en littérature, mais toujours avec des alibis ethnographiques, religieux, psychiatriques ou autres. Ici, pas d’alibi, tout est clair, tout est net : mangez ceux qui pourraient vous manger… à condition qu’ils soient comestibles, bien entendu. On retrouve dans ces courtes histoires la sensualité frémissante d’Alain Demouzon : toujours à l’affût des odeurs, des couleurs, il sait rendre à merveille, par une phrase ronde et suggestive, la plaisir de toucher, de palper un corps ou une viande, le moment sublime où se découvre une saveur nouvelle. »

Jean-Paul Schweig, Hebdoscope, 31 mai 1989.


« Réédition fortement augmentée (14 textes) d’un recueil originellement paru en 1989, voilà un mode d’emploi fort complet de la manière d’accommoder son prochain (ou sa prochaine), saignant ou bien cuit. Point de tueurs psychopathes ici, seulement de délicates grands-mères, de vieux célibataires, de blondes égéries qui, se sentant une petite faim sur le coup de quatre heures, décident de consommer les morceaux de choix d’un imprudent voisin ou visiteur. Des titres comme « Cocotte-Minute », ou « Moule à charlotte, moule à madeleine », vous mettent déjà l’eau à la bouche et la main au couteau. Le style à la fois épicé et sucré-salé de l’auteur, merveilleux maître queux, fait le reste. À consommer sans modération, ni risque d’indigestion. »

Jean-Pierre Andrevon, L’Écran Fantastique, février 2004.


Mises en bouche 

En janvier 1992, la compagnie Art et Action (François Dragon) a présenté à Aurillac, dans le cadre des Lectures du Saint-Pierre, « L’économe », « Le gril », Cocotte-Minute », « Le hachoir ». En juin 1993, Clin d’Œil (Gérard Audax) et Rencontres pour Lire (François de Cornière) ont mis en espace à Saint-Jean-de-Braye (Orléans) puis à Ifs (Caen) « Le gril », proposé tour à tour au même public, dans les deux versions. La mise en scène de Gérard Audax a également été présentée, le 6 mai 1994, au Théâtre Jean-Vilar de Saint-Quentin en Picardie, dans le cadre du 10e Festival de la Nouvelle. Du 20 janvier au 9 avril 1996, Rencontres pour Lire, a inscrit à son menu, dans diverses villes de Basse-Normandie,  « L’économe », « Cocotte-Minute », « Moule à charlotte, moule à madeleine ». Dans le double CD, La cuisine des écrivains (mai 1997, Les Grands Lunaires, Belgique), pour illustrer une longue entrevue avec l’auteur, des extraits de La Petite Sauteuse sont lus par Véronique Lemaire et Jean-Claude Derudder. De décembre 1999 à décembre 2002, et au-delà, Mona Muche a joué dans les bars « littéraires » parisiens — mais aussi dans quelques festivals et espaces culturels banlieusards ou provinciaux — « Le hachoir », et d’autres nouvelles (tirées du recueil Histoires féroces, Fayard, 2002). En décembre 2006, dans une mise en scène de Michel Vivier, le Théâtre de la Presqu’’île de Granville (Manche) a présenté « On peut aimer son prochain et avoir envie d’en reprendre un morceau », où Jean-Charles Noël interprétait « Le gril », « Bain-marie », « Cocotte-Minute » et « Le hachoir ».

Prix de littérature gourmande

Festival de Mamers, 1990

Calmann-Lévy, avril 1999.


Recueil de onze histoires, de onze nouvelles, mais l’éditeur désemparé n’ayant voulu rien indiquer, certains ont pensé y voir un roman…











« Trois personnages — un narrateur-écrivain, son ami Marc devenu metteur en scène, et une jeune fille vêtue de rouge, retrouvée morte en forêt — apparaissent en des lieux et des époques différents de leur vie. Voilà le mystérieux triangle d’amour et de mort que dessine Toutes les vies de Natacha, le dernier livre d’Alain Demouzon. Entre énigme policière et fluctuations psychologiques, se construit un puzzle, dont les pièces sont les onze récits ou nouvelles, assez autonomes les uns des autres, que Demouzon nous donne à lire. »

Alain Delaunois, Le Soir (Bruxelles), 29 juillet 1999.


« Tout le recueil tourne autour du mystère de la première histoire, choc fondateur qui, comme un tremblement de terre, jette ses lézardes dans les vies des personnages. Autour du Dernier été des cabanes s’organise un univers fragile, trouble, douloureux. L’auteur joue avec l’imaginaire, le sien, celui du lecteur, et semble parfois choisir la carte de la vérité, du « je vous dis tout, venez voir comment ça se passe dans ma petite fabrique de littérature », mais soudain, il y a rupture, brutal branchement sur le passé : autant de chausse-trappes. »

Christiane Rolland-Hasler, Brèves, actualité de la nouvelle, n° 57, Printemps 1999.


« Alain Demouzon est-il en train de devenir un auteur maudit ? Lui, dont chaque livre, dans une collection créée à son nom, chez Flammarion, était loué par la critique, fin des années 70, début des années 80, n’a plus droit qu’à l’indifférence ! Pourtant son talent de conteur ne s’est que bonifié, comme le prouve Toutes les vies de Natacha. Comme dans ses polars, il n’a pas son pareil pour dessiner une atmosphère, décrypter les cartes du tendre, et du désir. Il mérite, toujours, d’être lu ! »

Alain Laville, Nice-Matin, 18 juillet 1999.


« Variations sur un même thème construisant une image en facettes brillantes ou sombres. défiant l’enfermement d’une étiquette littéraire, Demouzon entraîne son lecteur en même temps loin du quotidien et en son cœur même. »

Chloé Radiguet, Bonne Soirée, 4 août 1999.


« Voilà un roman remarquable sorti avant l’été et passé trop inaperçu. Mais est-ce bien un roman, le mot n’est pas inscrit sur la couverture ? Ou un recueil de nouvelles puisqu’il s’agit de différents textes. En fait, il s’agit d’un puzzle formé de douze récits qui se répondent les uns aux autres. Subtilement construit, ce roman extrêmement troublant entraîne le lecteur sur des chemins bien mélancoliques. »

M. P., Vers l’avenir (Belgique), 18 septembre 1999.


« L’auteur, dans un style dépouillé qui mêle retours en arrière, changements incessants de points de vue et liberté d’écriture, nous livre de multiples vies, celles de jeunes femmes au manteau rouge et celles de deux hommes unis par un lourd secret. Dans ce roman policier atypique — qui parfois emprunte à la science-fiction — le tragique se mêle au comique, voire à l’absurde ou au mystère le plus profond. On a, en effet, le sentiment que quelque chose nous échappe sans cesse dans cette histoire d’amour et de haine mêlés qui constitue un véritable défi au lecteur cartésien. Un jeu du chat et de la souris qui est aussi une exploration minutieuse, précise et obstinée de l’âme humaine et des mystères qu’elle recèle, ainsi que du hasard et de la fatalité. Au terme de multiples variations sur un thème initial, Alain Demouzon conscient, comme il le dit si bien, que les « scénarios de la vie » sont de toute façon rarement réussis, se refuse à éclairer une vérité qui se dérobe. »

Mélanie Bouffard, Les Crimes de l’année, n° 9, mars 2000.



« J’ai voulu réunir une série de variations, dans le temps et dans l’espace, avec des points de vue différents, sur un même thème : cette jeune fille morte, probablement suicidée, découverte lorsque les deux garçons sont encore adolescents. À partir de là, cette image originelle se trouve traitée un peu comme au cinéma, avec d’autres personnages, des changements d’angles, des situations différentes, mais aussi des passerelles qui reviennent à chaque fois vers la scène initiale. »

Propos d’Alain Demouzon rapportés dans l’article ci-dessous, 29/07/99


Fayard, janvier 2002.


« Trente-huit nouvelles d’un maître contemporain du roman policier. Des lettres, des chroniques, de petites histoires pleines d’imprévu et de charme. « De l’humour noir qui rit jaune », comme dit l’auteur, qui aime les gares, les rondes de nuit, les secrets. »

Olivier Barrot, Télé 7 Jours, 29 avril 2002.


« Depuis 1975, Alain Demouzon tient le haut du pavé dans la littérature policière française. D’un roman à l’autre, il explore à chaque fois des voies différentes. L’action peut aussi bien se passer à Paris, en banlieue ou en province, dans une « ambiance malsaine et blafarde », que l’on retrouve aujourd’hui dans ce recueil de trente-huit nouvelles, d’abord publiées dans des journaux aussi divers que La Voix du Nord, L’Aisne nouvelle, La Croix, L’Humanité, Les Nouvelles littéraires, Pilote… »

Pierre Lebedel, Phosphore, février 2002.


« Ce fort volume comporte trente-huit contes et nouvelles (tous plus intéressants les uns que les autres) de ce passionné de littérature qu’est Alain Demouzon. Pour ce qui est des courts récits, il suffit d’être un peu « proche » de lui pour savoir que chaque 31 décembre (depuis bien longtemps !) il met, grâce à une imagination débordante, la Saint-Sylvestre à toutes les sauces, pour le plus grand plaisir de ceux recevant ses vœux… L’art de Demouzon est grand, et puis il nous trimballe souvent dans son XIIIe et avec son sens de la description qui fait toujours merveille plane parfois sur ces pages l’atmosphère du père Malet, ainsi que l’humour de l’ami Lebrun. »

Bernard Drupt, La Revue Indépendante, mai 2002.


« Alain Demouzon, en vieux briscard des « histoires farouches et cruelles », comme il définit lui-même ses nouvelles, joue la carte du mariage de l’invention et de l’enquête. […] Au-delà d’un inventaire de la méchanceté « ordinaire », un air nostalgique se glisse à chaque page de ce livre, comme par effraction. Comme pour souligner qu’il ne peut décidément y avoir de mémoire sans douleur… »

Jacques Lindecker, L’Alsace, Le Pays, 4 mars 2002.


« Et la moindre des prouesses de l’auteur n’est certainement pas d’avoir trouvé un lien de continuité entre ces textes écrits entre 1974 et 2000. Que voulez-vous, quand l’écriture est à ce point intelligente et imaginative, riche et habile, tout devient plus facile. »

Geneviève Piekarczyk, Encre Noire, Belgique, mai 2002.


« Alain Demouzon vient de réunir trente-huit de ses plus belles réussites sous le titre générique d’Histoires féroces. Féroces, elles le sont à la manière des enfants qui inventent des histoires terrifiantes mais précisent à la fin : « c’était pour de rire ». Les faire cohabiter alors qu’elles relèvent de genres différents, policier, énigme, mystère ou fantastique, sans parler des « études de mœurs », était un défi. Que Demouzon a superbement relevé en les plaçant selon une filiation subtile, sorte de fil rouge qui donne à l’ensemble sa cohérence, le tout cimenté par son talent. »

Jean Contrucci, La Provence, 16 juin 2002.


«  Peinture au couteau est un texte particulièrement réussi. Peut-être parce qu’il s’agit de la description d’un artiste par un autre artiste ? Et que le peintre de l’histoire a un fort désir de son sujet ? Que c’est une question de vie ou de mort, thème récurrent chez Demouzon ? […] Le cœur du travail d’Alain Demouzon est dans ce texte, il me semble. on y voit bien qu’on ne saurait réduire l’auteur à une catégorie ou à une autre. Peu importe l’outil, la plume ou autre scalpel, le style de Demouzon frappe juste. »

Christiane Rolland Hasler, Brèves, actualité de la nouvelle, n°65, mai 2002.

« Voici trente-huit histoires féroces écrites tout au long du dernier quart de siècle du millénaire qui vient de s’achever. Le Rat de bibliothèque — un bibliophile néglige les périls et les métamorphoses pour succomber à sa passion — date de 1974, avant même que j’entreprenne la mise en route de mon premier roman, et Un hareng cru avec un verre de schnaps — une ancienne effeuilleuse enquête en Allemagne sur la disparition d’une jeune femme qui lui ressemble mystérieusement — est venu clore l’an 2000. 

Pourtant, il m’a bien fallu me surprendre d’une cohérence que je n’espérais pas et qui tient sans doute au parti pris de toujours et d’abord raconter des histoires. (En un temps où beaucoup pensent qu’il faudrait s’en passer ; c’est pourtant avec des histoires que la vie non seulement se conte, mais s’invente et se crée.) Histoires farouches, volontiers cruelles, tempérées d’un humour noir qui souvent rit jaune, et où mes héros blessés affrontent férocement des destinées impitoyables, au-delà même de cette balade obligée avec la mort et le sang qui est l’incontournable fatalité des « mauvais genres ». Alors, j’ai relancé sur le chemin de ronces du désarroi ce petit peuple de malfaisants et de malchanceux, de sans-amour et de souffre-douleur, tous liés dans la fraternité barbare de cette étrange chronique. »


A.D. Présentation du livre en « 4e de couverture »

nouvelle (ou « novela » ?)

Eden « Fictions », mai 2003.

72 pages.


« Jérémie Charmetemps a soixante ans. Dispensé de paraître intelligent depuis sa mise au placard au CNRS, il souhaite vivre un authentique chagrin d’amour. Les anges de la ligne 83 vont tenter d’exaucer son vœu en convoquant son passé amoureux. Anges gardiens ou anges exterminateurs, ils tissent une folie hallucinatoire qui sera fatale à son ami psy Sigismond. Réincarnées en amoureuses d’un temps qui n’est plus, les anges munis d’une carte Orange ne sont-il pas les messagers de l’au-delà, annonciateurs de vies récemment achevées ? Ce qui est sûr, c’est que ces fantômes charmants prennent l’autobus pour descendre le boulevard Arago. »

Texte de la « 4e de couverture » concoctée par l’éditeur (et sans que l’auteur s’en mêle).


« Un soir d’hiver, un homme attend l’autobus 83 au coin de la rue de la Glacière et du boulevard Arago. Là, il voit défiler les spectres de ses amours de jeunesse. En première, par ordre d’apparition, Viviane, beauté hautaine aux yeux de glace et à la peau de Blanche-Neige. Il avait été amoureux d’elle « sans conviction douloureuse ». Et ce que cherche Jérémie Charmetemps, à l’automne de sa vie, c’est au contraire la brûlure d’une vraie passion avec cris, larmes, nuits blanches et tout le tintouin. À 60 balais, il est grand temps d’en finir avec l’eau tiède des sentiments. Auteur de romans policiers, Demouzon joue sur un registre nouveau. Convoquant les amoureuses du temps passé, il dresse un tableau d’une vie désenchantée, celle d’un homme, dont le cœur s’arrête faute d’avoir su battre suffisamment fort. »

G.M., le Nouvel Observateur (supplément Paris Obs’), 11 septembre 2003.


« Court roman ou longue nouvelle, c’est au choix, Chagrin d’amour, autobus 83 nous plonge dans un univers onirique et fantastique qui ne peut qu’inciter le lecteur à effectuer un petit retour en arrière, et débusquer dans les méandres de sa mémoire turbulente ses premiers émois, ses premières amours (c’est vrai aussi pour les dames !), des figures estompées et qui reviennent avec force au moment où on ne les attend plus. Si tant est qu’on les ait attendues un jour, l’avenir prévalant sur le passé. »

Paul Maugendre, Ligne Noire, automne/hiver 2004.

Pour la totalité des nouvelles, se référer à la page Catalogue












Tout commence en novembre par la recherche et l’achat de « jolis » timbres. Pas question d’affranchir avec la commune et triste Marianne rougeaude. Contrairement à ce qu’on peut croire, trouver des timbres à la Poste est une opération à l’issue incertaine. Pour peu qu’on souhaite autre chose que les clones ordinaires, les préposés rechignent trop souvent à vous vendre ces timbres dits « de collection », sous un prétexte de pénurie, allant du « plus rien » au « pas assez ». L’achat en quantité oblige donc à des prévisions prudentes. Il m’est arrivé de courir désespérément les bureaux de poste au dernier moment, à la recherche angoissée de ces planches nécessaires. J’engrange désormais mes provisions à l’avance.

Il faut aussi vérifier que la quantité de papier et d’enveloppes (Popset Galet 120 g) sera suffisante. Sinon, courir chez Arjomari. Une année, la grève des transports m’a fait traverser à pied tout le 13e arrondissement, d’est en ouest, avant qu’une confusion dans les termes de mon appel téléphonique (bien sûr, je téléphone toujours avant !) ne me fasse découvrir que le comptoir de vente venait d’être transféré à deux pas de chez moi et que je n’avais effectué ce trajet énervé qu’au seul bénéfice de ma santé piétonne.

Ensuite, récupérer « Valentine ». Désormais, elle ne sort plus de son placard qu’une fois par an. C’est une machine à écrire Olivetti, carrossée de plastique rouge vif et ponctuée de deux bobineaux orange. Cette portable me fut offerte en cadeau d’anniversaire par mes parents, au tout début des années 70. Avec elle, j’ai écrit mes premières nouvelles. C’est maintenant une pièce de collection, exemple de design réussi (Ettore Sottsass, 1969). Ma Valentine n’a jamais subi de réparation. (On prétendait qu’elle avait tendance à « se fendre à la corbeille », la pauvre !) De temps à autre, je lui nettoie les dents avec un chiffon imbibé d’essence, j’adoucis ses articulations d’huile fine, je lui offre un ruban neuf. (Penser à racheter un ruban neuf pour Valentine).

Écrire la nouvelle. Je me jure chaque année de m’y prendre à l’avance, mais tout se précipite au dernier moment, dans la soumission à quelques contraintes supposées fécondes : ça se passe obligatoirement à la charnière de l’ancienne et de la nouvelle année, et le titre comporte toujours le mot « Sylvestre ». Si possible, j’essaye d’y donner un écho de ce qui fut mon travail d’écriture de l’année, ou m’efforce de témoigner d’un moment particulier de l’air du temps. Il me faut environ 4 300 signes, qui devront tenir sur les quatre pages des trois colonnes de ma feuille. Jusqu’à l’an 2000, j’ai écrit à la main et mes calibrages restaient approximatifs. Souvent, il m’aura fallu couper en cours de route, entre la première et la deuxième frappe (voir plus loin). Passons sur les angoisses de page blanche, les pannes sèches et les blocages : depuis 18 ans, la semaine entre Noël et Jour de l’An se trouve entièrement consacrée aux trépignements d’inquiétude et de découragement autour de ce foutu conte noir de la Saint-Sylvestre.

Il faut maintenant préparer les deux fois deux feuilles de format 21 x 29,7. À la photocopieuse, chaque face permettra d’imprimer en recto-verso. Chaque feuillet doit être mesuré en trois colonnes, avec des marges appropriées et des repères de calage et de pliage. Il y a plein de petites mesures à effectuer au crayon fin, sur chacune de mes quatre feuilles, car Valentine n’est pas appropriée aux tâches que je lui demande. Elle n’a pas un grand chariot, et comme je dois remplir mes trois colonnes à l’horizontale, il me faudra travailler sur des feuillets repliés. La froissure du papier risque de créer un décalage, attention ! (Ce décalage ne sera que le premier des décalages…)

  Tout le problème est de « justifier », c’est-à-dire d’obtenir des colonnes bien rectangulaires. La marge de droite est alignée, il n’y aura pas de « drapeau ». Comment faire ? D’abord, je règle mes index de tabulation rudimentaire de façon à établir les mesures de ma colonne. Valentine a des capacités modestes en ce domaine. Une première fois,  je vais taper mon texte, selon la « méthode des X » révélée dans un livre de Jean Guenot (Comestibles, 1977). Arrivé en bout de ligne, dès que sonne le chariot, je sais qu’il me reste trois espaces à frapper. Normalement !… Car Valentine a ses caprices, elle ne dit pas toujours la vérité. Alors, je m’arrête, je soupèse, je cherche la solution : voir si je peux taper encore quelque chose, ou bien seulement trois X.

Il va falloir retaper le texte une seconde fois, afin de répartir ces blancs (les X) en faux espacements, tout au long de la ligne, et de manière à toujours aboutir à un mot se terminant « au fer à droite », net au ras de la marge. Toute l’horrible difficulté est là. D’autant plus que mon colonnage étriqué multiplie les tourments : les mauvaises césures potentielles reviennent sans cesse, et la répartition des X devient vite un casse-tête abominable, d’où les infractions décelables dans chacune de ces nouvelles : point final au-delà du « fer », alinéa réduit ou rentré, tricheries diverses, et toutes sortes de « défauts dans le tapis ».

Je relis donc d’abord ma première frappe, en cherchant les bonnes idées (qui produiront de toute façon un mauvais effet !), et j’indique mes options par un petit code crayonné entre les mots. Il y faut une très minutieuse attention, avant d’attaquer cette seconde frappe plus périlleuse encore, car toute erreur mettra désormais en péril la totalité du texte saisi. Valentine est rancunière, de l’ancienne génération : avec elle, ce qui est écrit est écrit ! Pour effacer les fautes, il faudra du papier spécial, de la barbouille, de fines bandes de papier correcteur autocollant et des manœuvres hautement risquées de dégagement et débrayage du rouleau.

Les fautes, les erreurs, les horreurs, impossible d’y échapper : elles poignardent inévitablement ; et souvent se dissimulent au premier regard, pour ne se révéler qu’un peu plus tard, quand il est justement trop tard ! Taper avec un seul doigt est vivement conseillé. Surtout ne pas se laisser emporter par la vitesse de sa force de frappe et le bel élan du texte : on en oublierait de supprimer le faux espace après le point, ici, et d’en mettre un mensonger avant la virgule, là ! Et voilà comment on se retrouve avec une justification totalement injustifiée. Tout est à refaire. Il faut savoir y passer des heures, y consacrer des jours et se promettre chaque année de ne plus revenir ramer sur cette galère, avant de s’y rembarquer quand même…

Quiconque n’a jamais tenté pareille aventure ne peut réellement comprendre ce qui s’est passé entre l’invention de la machine à écrire et celle du traitement de texte où chaque bévue est sans importance, où tout se rectifie dans l’instant, où le résultat s’organise comme de lui-même et sans faillite, pour peu que le fonctionnement de la machine ait été bien compris. Ceux qui ont connu la dure nécessité de devoir recommencer toute la page, ou de maladroitement replâtrer une ligne, me comprendront, dans la fraternité des anciennes souffrances et humiliations. Ils s’étonneront néanmoins, non sans une pointe d’incompréhension teintée de désaveu, de mon obstination crispée à perpétuer ces bricolages d’un autre âge. Il y aurait trop de masochisme obsessionnel à vouloir persévérer dans ces pratiques ancestrales dont le résultat est boiteux. Ce savoir-faire pataud n’offre pas une qualité à la saveur irréprochable. Et tant pis si certains regrettent déjà ce côté malhabilement bricolé, « au lait cru et moulé à la louche ». J’ai décidé d’entrer dans la modernité. Nouveau siècle, nouveau millénaire, nouvelle pratique. Ce conte du 1er janvier 2002 sera donc le dernier de Valentine, admise à faire valoir ses droits à la retraite. (Le jeune Mac qui va lui succéder n’a aucun dédain ; il se prétend même admiratif envers cette survivante de l’âge des cavernes.)

Une fois mon texte frappé une seconde fois, la nouvelle n’est pas bouclée pour autant. Il faut maintenant en appliquer le titre sur la colonne qui va devenir la page de couverture, après pliage adéquat. Ce titre s’inscrit au moyen de lettres de transfert Letraset (American Typewriter Medium 76 mm 30 pt). Soupçonnant que les « polices » d’ordinateur allaient rendre ces transferts obsolètes, j’en avais constitué un stock de précaution.    

Mettre en page et centrer un titre au moyen des Letraset est un secret que je n’ai jamais su percer. Malgré mes mesures et contre-mesures, j’ai toujours été trahi par la « chasse » des caractères et les illusions de mon « œil américain ». Je sais qu’il y a une vraie bonne façon de s’y prendre, mais personne n’a pu me l’enseigner. D’ailleurs, arrivé à ce stade ultime de la fabrication, vaincu par un épuisement physique autant que moral, j’ai souvent manqué de ressources, accablé du désir d’en finir en bâclant tout, et hurlant que c’était bien la dernière fois que…

Pour en finir, ayant accepté mes imperfections, je pars avec mon « master » à photocopier. Mon cœur tremble. De nouvelles épreuves sont à redouter. La plus commune étant le risque de voir la photocopieuse décaler mon étroit colonnage et décentrer les axes de pliure. Passons sur les « bourrages » occasionnés par mon 120 g, et sur le renouvellement du matériel qui fait que la machine, qui fonctionnait si bien l’an passé, a été remplacée par une nouvelle qui ne veut rien savoir (même chose avec le personnel, d’ailleurs…) Mais on finit par arriver au bout, vaille que vaille, dans un à-peu-près dont il faut savoir se contenter. Reste à plier « à l’os », comme m’aura montré Michel Otthoffer, ami maquettiste de chez Flammarion, en m’offrant de son vivant le petit outil idoine qui reste un précieux souvenir. Dédicacer (stylo Rotring à plume biseautée fatiguée), mettre sous enveloppe (les adresses ont été inscrites à l’avance, il y a quelques jours), timbrer (en utilisant la boîte éponge et une technique de collage rapide enseignée par mon père du temps où je l’aidais dans ses expéditions commerciales), trier (arrondissements, banlieue, province, étranger) et, enfin, marcher bravement vers le bureau de poste. Ouf ! Jusqu’à l’année prochaine.


© Alain Demouzon, décembre 2001.

Flic sylvestre, 1984

Les feux de la Saint-Sylvestre, 1990

                                         

C’EST COMME ÇA que tout s’est arrêté. Une fusée rouge, puis une verte : allongez le tir, raccourcissez la salve… Allez savoir, quand tout se mélange. Dans la foirade de là-haut, des chenilles enflammées crépitaient dans l’air gelé et des parapluies incandescents retombaient en vacillant sur le tape-cul d’alentour. Trois marrons de première bourre ont pété sec, en conclusion de ce bouquet final : c’est tout pour ce soir, bonnes gens, pouvez rentrer à la maison ! Les copains aux yeux blancs dans leurs visages de terre et de barbe ont regardé comme moi le silence qui faisait de la buée. C’était le soir de ma fête. Le feu d’artifice était terminé, on n’avait plus qu’à se mitonner le réveillon.

— J’ai du cheval, a dit le Parigot. T’aimerais bien ça, du cheval, pas vrai, Sylvestre ?

On n’avait quasiment rien eu depuis trois jours. La bectance se ratatinait en route, comme nous autres. Les gars qu’amenaient les bouthéons bringuebalants mêlaient leur sang à celui de la soupe froide renversée. Chacun gardait au fond de sa capote un quignon de pain de guerre, un ou deux bouts de sucre dans du journal, un tronçon de sifflard, pour les plus veinards.

— D’où ce qu’il est, ton rôti de cheval ? a demandé le Goujon. Montre un peu.

— Eh, les gars, j’ai pas dit un rôti ! J’ai dit : du cheval. Un canasson de première.

On a suivi son regard balancé d’un coup de nuque vers le chemin creux, bien au-delà des boyaux, là où serpente en contrebas la rivière. Parfois, dans les accalmies, un capitaine du 12e cuir, tout raide, vient y faire quelques tours de dada, comme s’il flânait au Bois en guettant la calèche des dames.

Dans le regard du Parigot on avait aussi suivi son rêve.

— Tu vas pas aller suriner l’alezan du pitaine, tout de même !

— Moi, pas ! Y s’a pris un éclat, le bel étalon. C’est un de la 17e qui me l’a dit.

— Et le capitaine ?

— Y a plus de capitaine. Venez, allons-y voir.

On allait déserter, mais c’était juste pour pas longtemps. Abandon de poste pour cause de préparatifs de réveillon, mon colon ! Les grosses moustaches s’étaient déjà repliées à l’arrière, dans des châteaux Régence réquisitionnés, avec plafonds à angelots, chaises en dorure, et du champagne et du foie gras. On devinait bien qu’on leur donnerait une rue à leur nom, une place ou un boulevard, peut-être même une station de métro. Nous, on aurait notre croix de bois, en attendant la pierre, après le vote d’un budget. On laisserait notre nom quand même gravé quelque part où personne ne viendrait le lire, surtout si on n’avait rien retrouvé de notre corps tout rempli de viande de cheval mort juste avant le déchiquètement complet.

Quand on est arrivés près des casemates des officiers, l’écurie finissait de flamber, tout le monde s’en foutait, y avait personne. Dans le lointain, un harmonica chialait un air sans joie et des gars enterrés lâchaient des rires étouffés ou gueulaient en sourdine. Dans le dédale, on reniflait comme une odeur de fête.

— Mais, il est pas mort, ton canasson !

La pauvre bête s’était emmêlé les antérieurs dans ses tripes et une fumée chaude montait de son flanc éventré. Elle a tenté de lever des yeux de folie ensanglantée, en reniflant comme pour hennir, mais sa tête est retombée par sursauts.

— Tant mieux, tant mieux, a grommelé le Parigot en se frottant les mains (ça caillait dur). S’il était mort, la glace l’aurait déjà pris et il aurait fallu découper à la hache. C’est une chance qu’il soit encore chaud.

— C’est égal, je préférerais qu’il soit mort, a soupiré le Goujon. Faut l’achever.

— Tu veux quoi, mariolle, lui tirer une balle ! Mettre le secteur en alerte. T’as un couteau ?

— J’saurais pas ça, moi, tuer un cheval au couteau.

— Quel salsifis, çui-là ! C’est pour te trancher ta viande, vieux. Au point où il en est, il va rien sentir de plus, ce bidet.

On voulait pas, mais on l’a fait quand même. On a taillé notre réveillon dans le cheval bientôt mort et on a rejoint la tranchée. Le Limougeot a rallumé son fourneau où on n’avait plus rien fait cuire depuis une paye. Pendant que ça chauffait, on a sorti de nos capotes ce qu’on s’était gardé à partager pour ce dernier jour de l’année : une flaque de pâté de tête emballée dans une feuille de l’Illustration qui proclamait la vaillance de nos troupes, et la victoire proche. Ça nous a servi de nappe sur un caisson de munitions. Il y avait aussi une boîte de sardines, un cube de Cantal et de la crème de châtaignes. Du pinard, on en avait, on en a toujours eu. Les gars ont levé leur quart en me souhaitant : Bonne fête, Sylvestre ! Au gui, l’an neuf ! Et bonne année à tous… Ouais ! On a dû tous renifler dans nos têtes qu’on serait p’t-être de retour chez nous à la Noël suivante… Pour de bon, cette fois-ci, au terme de cette année nouvelle qui s’annonçait… Encore une de plus…. Et si on n’était plus là, la nuit de ce beau jour, on se demandait s’il y aurait-il encore des gens pour se souvenir de nous, dans cinquante ou quatre-vingt-dix ans ?

— J’apporte la marmite ! a grincé le Limougeot entre ses dents qui ne voulaient pas dévoiler une fierté allègre, crispée malgré tout.

Ça sentait rudement bon la soupe de cheval, entre ses bras qui se tendaient vers nous. Nous avons bramé en chœur rigolard :

— Parle pas de malheur, parle pas de marmite, mon vieux !

La « marmite », c’est de ces obus mahousses, des crapouillots de Minenwerfer qui ne s’annoncent pas toujours. Si tu l’entends, qu’ils disent sans y croire, c’est que ça n’était pas pour toi. Ça passe au large ou au-dessus. La marmite qui prendra ta vie, tu ne l’entendras pas venir.

    On n’entendait rien.


    Sylvestre et la marmite © Alain Demouzon, décembre 2008.

PLUS de 150 nouvelles et contes d’Alain Demouzon ont été publiés à ce jour. Pour en savoir plus, au-delà de cette page, on se reportera aux pages Catalogue et Zone énigmatique.

   Alain Demouzon a participé pendant bien des années aux aventures du Festival de la nouvelle de Saint-Quentin en Picardie et de la revue Nouvelles Nouvelles. Comme il se doit, on lui a demandé plus d’une fois comment définir au mieux ce genre de texte court. Laissons de côté un désenchantement facétieux actuel (“La nouvelle, c’est ce que personne ne lit, à commencer par ceux qui vous l’ont commandé.“), pour rappeler la définition à laquelle notre auteur s’oblige désormais, au-delà de toutes les subtilités exprimées par tant d’écrivains — dont il fit bien sûr partie à son heure, comme le montrera le texte ci-après : “La nouvelle est un texte narratif d’une certaine longueur, généralement courte.”


« Ce que j’arrive à faire : une histoire, un conte, un récit. Une fiction dramatisée à charpente classique : situation, péripéties, dénouement. Travail d’artisan, technique. Avec des élans spontanés vers le mystère, le fantastique, l’humour plutôt noir ou grinçant, le non-dit souriant ou cruel. J’affectionne les chutes, celles qui font rebondir, ou qui enfoncent. J’aime le quotidien à la dérive. J’ai du respect pour la règle du jeu, qu’elle soit la mienne ou celle du commanditaire. Je sais bien déguiser l’essentiel de la vie dans des apparences de divertissement. Il y a toujours un secret caché quelque part. Ce que j’aimerais arriver à faire (et parfois j’y arrive, peut-être) : travailler au plus près du point d’impact, là où la situation est tellement tendue que la déflagration est imminente. La réussite est de travailler sur une toute petite dose de poudre et d’obtenir la plus grande décharge d’énergie possible. Le petit chemin de la nouvelle s’ouvre alors de grands espaces émotionnels et dramatiques. »


    Sur la nouvelle, dans 131 nouvellistes contemporains par eux-mêmes.

    Festival de la nouvelle de Saint-Quentin et Manya, (1993).


       
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Badiane, 1992.

Recueil hors commerce des sept premiers Contes noirs de la Saint-Sylvestre.

Avec des illustrations de Jean-Paul Savignac.



“ Depuis décembre 1984, pour présenter mes vœux à mes amis et connaissances, j’écris chaque année un « conte noir de la Saint-Sylvestre ». Cette courte nouvelle est fabriquée d’une manière que j’ai voulu expliquer, à l’aube d’un changement radical…”

Adieu Valentine

Adieu Valentine

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